
Zacharie Vincent est un peintre huron du 19e siècle (1815-1896) qui nous a laissé en héritage une vision de la vie quotidienne des Hurons d'Ancienne-Lorette de cette époque.
Sans formation artistique particulière, Vincent commença à peindre suite au portrait que le peintre Antoine Plamondon fit de lui en 1838, en costume traditionnel. Il se mit à peindre des autoportraits où il se représentait en habit d'époque, des illustrations des activités traditionnelles de son peuple et des paysages d'Ancienne-Lorette. Il voulait préserver son image et, par le fait même, celle de son peuple. En effet, Zacharie Vincent se considérait comme le dernier des Hurons. Son nom huron, Telari-o-lin, signifiait «non divisé» ou «sans mélange» , laissant entendre qu'il était un Huron de race pure. Même si des recherches généalogiques prouvèrent le contraire, sa physionomie typique et sa volonté de perpétuer le mode de vie traditionnel des Hurons contribuèrent à renforcer le mythe qu'il était le dernier des Hurons.
Malgré son désir de capter le mode de vie traditionnel amérindien, on ne peut s'empêcher de constater, en examinant les quelque 600 dessins et peintures qu'il aurait fait au long de sa vie, que Zacharie Vincent a surtout montré comment, dès cette époque, son peuple était en voie d'assimilation par la culture occidentale. En effet, comme l'expliquent les rédacteurs du Dictionnaire biographique du Canada, «bien que Vincent ait voulu fixer une image traditionnelle des Hurons, on retrouve dans plusieurs de ses toiles et de ses dessins des éléments empruntés à la civilisation européenne, reflet de l'assimilation dont son peuple était l'objet. Son oeuvre, naïve certes, est intéressante par l'intensité et la sincérité qui s'en dégagent et elle répond à son désir de capter le visage d'une Amérique huronne à tout jamais perdue».
1er trimestre 1994

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Dernière mise à jour : 2000-05-08
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