La toile des insectes du Québec
Longicorne asiatique (cérambyx d'Asie, longicorne originaire d'Asie, longicorne étoilé)
N.B. Cette espèce n'a pas encore été observée au Québec.

Classification
Description de l'adulte
Cycle de vie
Habitat
Distribution géographique
Alimentation

Rôles écologiques
Comportements particuliers
Méthodes de contrôle
Questions fréquemment posées
Faits intéressants et curiosités

CLASSIFICATION

Phylum : Arthropodes
Classe : Insectes
Ordre : Coléoptères
Famille : Cérambycides
Nom scientifique : Anoplophora glabripennis Motchulsky
Nom anglais : Asian long-horned beetle

ESPÈCES APPARENTÉES
On compte environ 178 espèces de cérambycides au Québec et 25 000 dans le monde. Au Québec, le longicorne noir Monochamus scutellatus (Say) est l'espèce indigène qui ressemble le plus au longicorne asiatique. Il s'en distingue principalement par l'absence de taches blanches ou par des marques moins distinctes que les taches blanches que l'on trouve sur les élytres du longicorne asiatique. Son scutellum est blanc, alors que celui de l'espèce asiatique est noir. Le longicorne noir est aussi moins robuste et de plus petite taille (de 15 à 28 mm de long). Ce dernier attaque exclusivement les conifères alors que le longicorne asiatique ne se développe que dans les feuillus.

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DESCRIPTION DE L'ADULTE

Ce coléoptère de forme allongée mesure entre 20 et 35 mm de long et entre 7 et 12 mm de large. Sa tête porte de très longues antennes noires annelées de blanc, de blanc bleuté ou de blanc grisâtre. Ses élytres d'un noir luisant sont marqués par une vingtaine de taches blanches irrégulières. Sous ces ailes durcies se cache une paire d'ailes fonctionnelles utilisées pour le vol. Le scutellum est généralement noir et les pattes noires et gris-bleu.

La femelle est un peu plus grosse que le mâle et ses antennes sont plus courtes. Chez la première, les antennes mesurent environ 1,3 fois la longueur du corps, alors qu'elles atteignent 2,5 fois cette longueur chez le mâle.

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CYCLE DE VIE

Les longicornes asiatiques adultes sont visibles de mai à novembre, et plus particulièrement en juillet. Après l'accouplement, la femelle pond en moyenne 25 à 32 œufs dans la partie supérieure du tronc ou sur les branches principales de l'arbre hôte. Les œufs blanchâtres, mesurant de 5 à 7 mm de long, sont pondus individuellement dans des trous creusés dans l'écorce par la femelle à l'aide de ses mandibules. Les trous sont ensuite bouchés par des excréments pour protéger les œufs.

La larve émerge de l'œuf après 11 jours environ. Elle se développe d'abord sous l'écorce, où elle mue trois fois. Au quatrième stade, elle pénètre plus profondément dans le bois en creusant des galeries dans le tronc, les branches ou les racines de surface. À maturité, la larve mesure 5 cm de long. Elle est crème ou jaune pâle avec la tête brune.

La larve, toujours enfouie dans une galerie, se transforme ensuite en une nymphe blanchâtre de 30 à 33 mm de long par 11 mm de large. Celle-ci se métamorphose enfin en adulte, qui émerge de l'arbre par un trou de 6 à 12 mm de diamètre.

La durée de vie de la femelle varie de 14 à 66 jours. En Chine, le cycle vital du longicorne asiatique s'étale sur un an ou deux, selon la région.

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HABITAT

Cet insecte vit dans les forêts et les cultures de feuillus, les milieux urbains, et probablement dans tout autre endroit où il trouve ses arbres hôtes (voir plus bas : Alimentation).

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DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

Comme son nom l'indique, ce coléoptère est originaire d'Asie. On le trouve naturellement en Chine, en Corée et possiblement au Japon.

L'espèce a été introduite de façon involontaire en Amérique du Nord. Il fut observé pour la première fois en milieu naturel à Brooklyn, dans l'État de New York, en 1996. On a ensuite noté sa présence dans la ville de Chicago, en Illinois, en 1998. Au Canada, l'insecte n'a jamais été observé en milieu naturel mais il a été intercepté à quelques reprises dans des emballages de bois en Colombie-Britannique et en Ontario. Le longicorne asiatique n'a jamais été signalé au Québec jusqu'à maintenant.

En Chine, cet insecte cause de graves dommages entre les latitudes 21 °N et 43 °N. Sur le continent nord-américain, cette bande correspond à la région comprise entre le sud du Mexique et les Grands Lacs, au Canada. Les informations connues sur les arbres hôtes (voir plus bas : Alimentation) et sur la distribution du longicorne asiatique en Chine laissent croire que celui-ci pourrait facilement s'établir dans les provinces maritimes, dans le sud du Québec et de l'Ontario, ainsi qu'en Colombie-Britannique.

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ALIMENTATION

Cet insecte phytophage pourrait se nourrir de plusieurs espèces d'arbres feuillus au Québec. Des observations dans l'État de New York révèlent que, sur notre continent, le longicorne asiatique trouve une multitude d'arbres hôtes sur lesquels il vit et s'alimente. Parmi ceux-ci, on trouve les érables (érable à sucre, érable de Norvège, érable à Giguère, érable argenté, érable rouge), les peupliers, les saules, les ormes, les bouleaux, les frênes, les pruniers, les cerisiers, les poiriers, les pommiers et les marronniers.

Les longicornes adultes mangent les feuilles et l'écorce des jeunes pousses, alors que les larves se nourrissent des parties internes de l'arbre.

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RÔLES ÉCOLOGIQUES

Cet insecte sert probablement de nourriture à certains animaux. On ne lui connaît toutefois pas de prédateurs naturels en Amérique du Nord.

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COMPORTEMENTS PARTICULIERS

Le longicorne asiatique s'attaque à des arbres sains, stressés ou nouvellement abattus. On ne le trouve pas dans les arbres morts ou le bois sans écorce. Les galeries creusées par les larves dans le bois vivant bloquent le transport de la sève et stressent l'arbre. Elles deviennent aussi des portes d'entrées pour d'autres organismes nuisibles. De plus, la présence de galeries profondes affaiblit mécaniquement les branches et le tronc de l'arbre infesté.

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Comme d'autres ravageurs, ce coléoptère voyage souvent caché dans des emballages de transport en bois, du bois d'arrimage, des caisses à claire-voie, des palettes ou des bobines en bois (utilisées par exemple pour transporter des câbles métalliques). Arrivé à destination, le longicorne asiatique peut s'échapper et trouver un milieu naturel propice à sa survie.

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Cet insecte est plutôt sédentaire. Son vol lourd ne favorise pas les déplacements sur de longues distances. On estime sa dispersion naturelle à 300 m par année, mais il pourrait quand même voler sur une distance d'un kilomètre. Le longicorne demeure habituellement sur son hôte tant que l'arbre est vivant. La femelle a aussi tendance à déposer tous ses œufs sur le même arbre. Cette espèce s'établit de préférence sur des arbres isolés ou situés en bordure d'un bois.
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MÉTHODES DE CONTRÔLE

Même si le longicorne asiatique n'a pas encore été observé au Québec, tout doit être mis en œuvre pour éviter l'introduction de ce ravageur. Une vigilance accrue s'impose avec l'ouverture croissante des marchés mondiaux. L'insecte constitue une menace sérieuse pour l'industrie forestière et en particulier pour l'acériculture, puisqu'il semble avoir un faible pour l'érable à sucre.

Alertée par les risques réels d'infestation, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a donné deux directives dans le but de contrer l'arrivée de ravageurs forestiers. Une première directive, datant de 1998, concerne le bois d'emballage et d'arrimage, qui doit être exempt d'écorce, de parasites visibles et de signes de la présence de parasites vivants. Une autre directive, en vigueur depuis 1999, vise plus particulièrement le longicorne asiatique : tout le bois d'arrimage et d'emballage en provenance de Chine doit être traité par des méthodes reconnues par l'ACIA.

De plus, l'Organisation nord-américaine pour la protection des végétaux (NAPPO), qui regroupe des spécialistes du Canada, des États-Unis et du Mexique, a fixé des standards pour l'importation du bois d'arrimage et du bois d'emballage, qui devront être observés par les pays membres.

Chacun de nous peut collaborer aux mesures de contrôle du longicorne asiatique en observant les arbres à risques. Les signes de la présence de l'insecte se manifestent par les trous d'émergence des adultes, un peu plus petits que la taille d'une pièce de dix sous, qui apparaissent surtout en juillet. Les sites de ponte (en août) se présentent sous la forme d'une blessure ovale sur l'écorce, avec un écoulement de sève. Les larves qui perforent le bois produisent une sciure grossière ; on la voit au pied de l'arbre ou sur les branches. À la longue, les branches de la cime des arbres infestés montrent des signes de dépérissement. On ne connaît pas de pesticides efficaces contre cet insecte dont les larves se développent dans le bois de l'arbre. Les arbres atteints doivent être coupés, déchiquetés et brûlés.

La collaboration de tous est nécessaire pour contrôler le longicorne asiatique. Tout signe de l'insecte ou de sa présence devrait être signalé à l'ACIA en contactant l'un des bureaux régionaux chargés de la protection des végétaux :
Montréal : 514-493-8859
Québec : 418-648-7373
Saint-Hyacinthe : 450-773-6639

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QUESTIONS FRÉQUEMMENT POSÉES

J'ai vu un insecte qui ressemble à ce longicorne. Dois-je déclarer sa présence même si je ne suis pas certain de son identification ?

Oui ! Le longicorne asiatique représente une telle menace pour nos arbres qu'il vaut mieux prévenir que guérir. Si vous pouvez observer l'insecte, prenez quand même la peine de vérifier les caractéristiques physiques de l'adulte : une vingtaine de taches blanches sur des élytres noirs, ainsi que de longues antennes noires annelées de blanc. Sur les arbres feuillus, la présence de trous d'émergence de 6 à 12 mm de diamètre est un autre signe caractéristique. Si vous croyez avoir reconnu le longicorne asiatique ou ses méfaits, n'hésitez pas à contacter l'un des bureaux de l'ACIA mentionnés plus haut.

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FAITS INTÉRESSANTS ET CURIOSITÉS

Les infestations aux États-Unis se sont manifestées plusieurs années après les premières attaques du longicorne asiatique. On estime qu'il a fallu environ dix ans pour découvrir l'insecte dans les deux zones d'infestation connues. À Brooklyn, en 1996, l'infestation a été signalée par des citoyens inquiets du dépérissement des érables de Norvège. Aux États-Unis, plusieurs millions de dollars ont été investis dans la recherche scientifique, le dépistage et l'éradication de cet indésirable coléoptère.

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Le longicorne asiatique cause de nombreux dommages en Chine, où il est considéré comme le plus important ravageur des peupliers. Il s'attaque aussi, entre autres, aux pruniers, aux poiriers et aux robiniers. Les Chinois utilisent les érables pour attirer l'insecte loin des arbres qu'ils désirent protéger.

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En Chine, ce longicorne a reçu le nom poétique de « coléoptère du ciel étoilé », sans doute à cause du patron de coloration de ses élytres.
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Dernière révision : 2001-05-29
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