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 René Limoges, Insectarium de Montréal
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Phylum : Arthropodes
Classe : Insectes
Ordre : Coléoptères
Famille : Coccinellides
Nom scientifique : Harmonia axyridis Pallas
Nom anglais : Multicolored asian lady beetle (Halloween lady beetle, japanese lady beetle, asian lady beetle)
ESPÈCES APPARENTÉES
On compte près de 80 espèces de coccinelles au Québec. La plupart d'entre elles ont une forme, une taille et un patron de coloration différents qui permettent de les identifier.
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La coccinelle asiatique est un coléoptère de forme ovale qui mesure entre 4,8 et 7,5 mm de long. Elle compte parmi les plus grosses espèces de coccinelles que l'on peut voir au Québec.
Ses élytres, qui recouvrent une paire d'ailes membraneuses permettant le vol, présentent une grande variété de coloration. La teinte de ces ailes durcies varie de jaune à noir, en passant par l'orange et le rouge. On y trouve un nombre variable de points, allant de zéro à vingt. Au Canada, la forme orangée marquée de 19 points noirs domine.
La tête, les antennes et les pièces buccales de cette coccinelle sont généralement jaune pâle. Le pronotum, qui recouvre la première partie du thorax, juste derrière la tête, porte deux faux yeux pâles en forme de ballons de football. On y observe aussi des taches noires qui forment souvent un masque en forme de M.
La femelle est légèrement plus grande que le mâle.
 René Limoges, Insectarium de Montréal
Comme les autres coléoptères, la coccinelle asiatique est un insecte à métamorphose complète, ou holométabole. Au printemps, les adultes sortent de leur abri d'hiver pour s'accoupler. Les œufs sont fixés en petits groupes sur la face inférieure des feuilles. Une ponte compte entre 6 et 62 œufs mesurant 1,3 mm de long et 0,5 mm de diamètre, dont la teinte varie de jaune à orangé. Les œufs sont souvent pondus à proximité d'une colonie de pucerons, qui serviront de nourriture aux jeunes. Chaque femelle produit des centaines ou même des milliers d'œufs, ce qui confère à cette espèce une fécondité supérieure à celle des autres coccinelles.
L'éclosion a lieu trois à cinq jours après la ponte. La larve ressemble à un minuscule crocodile, d'abord gris clair puis noir tacheté de jaune, orange ou rouge, orné d'épines et de tubercules. La larve mue trois fois en deux semaines environ. Arrivée à maturité, elle atteint 1 cm de long. Elle se fixe sous une feuille à l'aide d'un faux pied situé au bout de son abdomen et se transforme en nymphe immobile. La dernière mue, qui donne naissance à l'adulte, se produit environ une semaine plus tard. L'insecte adulte est d'abord jaune pâle. Il faut attendre quelques heures pour voir apparaître la couleur définitive de ses élytres.
Dans de bonnes conditions, cette coccinelle met 36 jours ou plus pour passer de l'œuf à l'adulte. On compte probablement deux générations par année au Québec, peut-être trois durant les années où l'été est long et chaud.
En octobre, les adultes se regroupent et cherchent ensuite un abri pour l'hiver. Ils peuvent alors entrer dans les maisons, les garages, les granges et tout autre bâtiment qui les protégera du froid.
La coccinelle asiatique adulte peut vivre jusqu'à deux ou trois ans.
Cet insecte principalement arboricole s'établit dans plusieurs écosystèmes. Il s'installe dans les jardins, les champs et les cultures. On peut trouver la coccinelle asiatique tant sur des feuillus que sur des conifères. Elle préfère se nourrir sur les arbres et les arbustes plutôt que sur des plantes basses. On la voit entre autres sur les plantes suivantes : pins, sapins, pommiers, pêchers, pacaniers, magnolias, érables, chênes, rosiers, luzerne, tabac, coton.
Cette espèce non indigène est mal adaptée au climat rigoureux du Québec. Elle doit donc passer l'hiver dans un abri (ce qui signifie parfois dans nos habitations) pour survivre. En Asie, d'où elle est originaire, elle hiberne dans des cavernes, dans des falaises ou en montagne.
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
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Comme son nom l'indique, cette coccinelle est d'origine asiatique. Elle est indigène au Japon, en Chine, en Corée et dans une partie de l'ancienne URSS. On la trouve actuellement du Vietnam à la Sibérie.
Les premières tentatives d'introduction de cet insecte présumé utile en Amérique du Nord ont eu lieu aux États-Unis au début des années 1900. Ces essais semblent avoir été infructueux. Les introductions furent reprises dans l'est du pays par le Département de l'agriculture des États-Unis (USDA) entre 1978 et 1981. Le premier établissement de la coccinelle asiatique a été décrit en 1988 en Louisiane. Depuis, l'insecte s'est dispersé et on le trouve sur la côte Est américaine, de la Floride jusqu'au Québec, dans l'ouest jusqu'au Texas et au Missouri, ainsi que dans les États de l'Oregon et de Washington.
Le premier spécimen rapporté au Québec a été récolté dans un verger de Frelishburg en 1994. Depuis, la coccinelle asiatique s'est établie sur une très grande partie du sud du Québec. On note sa présence jusque dans les Hautes-Laurentides. Dans le reste du Canada, on l'a d'abord observée en Ontario et en Colombie-Britannique, puis en Alberta en 1997. Son territoire continue probablement de s'étendre.
Ailleurs dans le monde, l'espèce a été introduite entre autres en France (en 1982) et à Hawaii (en 1965).
En plus d'étendre son aire de distribution par des introductions volontaires, cette coccinelle peut aussi arriver clandestinement dans de nouvelles villes portuaires par des bateaux en provenance d'Asie.
La coccinelle asiatique est une espèce prédatrice qui se nourrit d'une grande variété de petits insectes. Elle affectionne particulièrement les pucerons, dont elle mange une cinquantaine d'espèces différentes. Une seule coccinelle peut dévorer jusqu'à 500 pucerons par jour. Les cochenilles, les psocoptères, les psylles et les tétranyques figurent aussi au menu de cette espèce.
La larve se nourrit de pucerons, ainsi que de nectar et de pollen.
Cette coccinelle est un important prédateur de pucerons et d'autres petits insectes qui s'attaquent aux plantes. Considérée jusqu'à présent comme un insecte bénéfique (ce qui lui a valu d'être importée dans plusieurs pays), elle est utilisée en lutte biologique dans diverses cultures commerciales.
Elle constitue une source de nourriture pour plusieurs animaux, dont des oiseaux. Elle est aussi la proie des araignées et de certains animaux domestiques lorsqu'elle passe l'hiver dans nos maisons.
À son arrivée en Amérique du Nord, la coccinelle asiatique n'avait pas d'ennemis naturels particuliers. Certains insectes parasitoïdes commencent maintenant à profiter de sa présence, par exemple la larve du diptère Strongygaster triangulifera, aux États-Unis.
COMPORTEMENTS PARTICULIERS
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Les premiers spécimens de coccinelles asiatiques introduits en Amérique du Nord n'étaient probablement pas adaptés à nos hivers rigoureux. Depuis, l'espèce a survécu en se réfugiant dans nos maisons, dans d'autres bâtiments et dans des endroits bien protégés pour échapper au froid. Ces insectes cherchent un abri sec et relativement sombre où ils passent l'hiver, puis ils se réveillent avec les journées chaudes du printemps et sortent à l'extérieur pour s'accoupler et se nourrir. 
On voit souvent les coccinelles asiatiques en grand nombre, à l'automne, alors qu'elles se regroupent sur les habitations et autres édifices. Quand elles se posent sur les bâtiments, elles préfèrent en général les murs exposés au soleil et peints de couleur claire. Ces insectes se regroupent aussi sur les porches et dans les garages. La moindre fissure leur suffit pour pénétrer dans les maisons. Les bâtiments situés dans les zones densément peuplées d'arbres sont plus sujets à être envahis. Lorsqu'elle est prisonnière à l'intérieur, cette coccinelle est attirée par la lumière, et on la voit souvent sur les fenêtres ou au plafond, près des ampoules électriques.
Les coccinelles asiatiques pourraient revenir dans les mêmes habitations d'une année à l'autre grâce à une odeur spéciale laissée par leurs congénères qui les ont précédées. Cette odeur serait celle d'une phéromone d'agrégation, une substance qui attire d'autres insectes de la même espèce. À certains endroits au Québec et aux États-Unis, on rapporte la formation temporaire, à l'automne, de groupes de milliers d'individus.
Pendant qu'elle hiberne dans nos maisons, cette coccinelle ne se reproduit pas, ne se nourrit pas et ne cause aucun dommage aux matériaux, aux humains ou aux animaux domestiques. Totalement inoffensive, elle ne s'attaque ni aux vêtements ni au bois, ne sécrète pas de venin, ne mord pas et ne transmet aucune maladie. 
Comme les autres coccinelles, cette espèce expulse un liquide orangé nauséabond par les articulations de ses pattes lorsqu'elle se sent menacée. Ce liquide, appelé hémolymphe, est l'équivalent du sang humain pour les insectes. Il agit comme répulsif et sert à éloigner les prédateurs. Si elle est en danger, la coccinelle asiatique peut aussi feindre la mort.
Même les insectes dits utiles peuvent déranger lorsqu'ils se trouvent en grand nombre à l'intérieur de nos maisons. Le meilleur moyen d'éviter les désagréments de ce genre reste la prévention : il s'agit d'empêcher les insectes d'entrer chez soi. Pour ce faire, colmatez les ouvertures et les fissures, surtout autour des portes et fenêtres, ainsi que sur les fondations et les revêtements extérieurs. Recouvrez les bouches d'aération de moustiquaires. Évitez de laisser les portes et fenêtres ouvertes à l'automne ou gardez vos moustiquaires jusqu'en novembre. Réparez les déchirures qui s'y forment.
Si les coccinelles sont déjà dans la maison, récoltez-les à l'aide d'un aspirateur. Utilisez cet appareil de préférence à un balai pour éviter d'écraser les insectes. Dérangés, ils émettent un liquide qui sent mauvais et peut tacher murs, tapis, tissus, papier peint et autres matériaux. Videz rapidement le sac de l'aspirateur afin d'empêcher la formation d'odeurs tenaces. Ces coccinelles pouvant s'avérer utiles, il n'est pas nécessaire de les tuer. Vous pouvez les remettre dehors dans un endroit où elles trouveront un abri (sous une galerie ou près d'un tas de bois, par exemple) ou les conserver au frais, dans le garage ou la remise, pour les relâcher au printemps. Elles pourront alors se rendre utiles en mangeant les pucerons de votre jardin.
L'utilisation d'insecticides pour éliminer les coccinelles dans la maison n'est pas recommandée. Les cadavres restent dans les petites anfractuosités, pourrissent et peuvent attirer d'autres insectes, comme les dermestes.
La plupart des spécialistes estiment que les populations de coccinelles d'origine exotique atteignent souvent des niveaux excessifs peu après leur établissement. Toutefois, elles retrouvent éventuellement un équilibre normal lorsque leurs proies préférées se raréfient et que les prédateurs et les parasites qui s'y attaquent se multiplient en profitant de leur abondance.
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Certaines personnes pensent à tort que le nombre de points sur les élytres d'une coccinelle correspond à son âge. Ces marques font partie du patron de coloration de l'espèce et sont une caractéristique de l'insecte adulte ; elles ne changent pas au cours de sa vie. Pour la plupart des espèces de coccinelles, le nombre, la forme et la disposition de ces points sont très utiles pour identifier l'insecte.
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 René Limoges, Insectarium de Montréal
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QUESTIONS FRÉQUEMMENT POSÉES
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Où puis-je me procurer des coccinelles asiatiques pour les introduire dans mon jardin ?
Nous ne recommandons pas l'achat de coccinelles pour les utiliser comme agent de lutte biologique dans les jardins privés. D'une part, une fois devenus adultes, ces insectes ont tendance à se déplacer et votre investissement s'envolera avec eux. D'autre part, il existe une controverse quant au bien-fondé des relâches massives d'insectes exotiques sur notre territoire.
La coccinelle asiatique fait l'objet de recherches visant à améliorer l'efficacité de sa propagation comme agent de lutte biologique à des fins commerciales, mais certains entomologistes s'inquiètent de cette perspective. Ils ne voient pas que des avantages à l'introduction dans nos écosystèmes d'un prédateur exotique au taux de fécondité élevé, sans ennemis naturels connus. La multiplication de cette espèce pourrait éventuellement provoquer la diminution ou la disparition d'autres insectes prédateurs indigènes. On peut penser par exemple à des coccinelles indigènes avec lesquelles il y aurait compétition pour la nourriture. De plus, cette coccinelle s'attaquera sans doute à d'autres proies que celles prévues. Enfin, lorsqu'une espèce d'insecte est bien installée, il est presque impossible de revenir en arrière et de l'éliminer. Voilà pourquoi il vaut mieux ne pas introduire volontairement la coccinelle asiatique dans les régions où elle est encore absente tant que le débat se poursuit entre les tenants de la lutte biologique et ceux de la protection de la biodiversité.

FAITS INTÉRESSANTS ET CURIOSITÉS
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Habituellement, les élytres des coccinelles présentent un patron de coloration unique et spécifique. Ce n'est pas le cas chez la coccinelle asiatique, dont la variabilité est telle que 120 types différents ont été décrits pour cette seule espèce. La coloration des élytres de cet insecte est en partie d'origine génétique et dépend donc de celle des deux parents. D'autres facteurs influencent aussi la couleur, comme l'alimentation des larves et la température durant le stade nymphal. 
En 1998, des chercheurs ont trouvé que la coccinelle asiatique était devenue la deuxième espèce de coccinelle la plus abondante dans les plantations de sapins au Québec. Dans ces cultures, la larve de la coccinelle asiatique s'attaque au puceron des pousses du sapin, mais comme elle est peu discriminante, elle peut aussi manger les œufs et les larves d'autres espèces de coccinelles.
À titre expérimental, en 1996, quelques milliers de larves de coccinelles asiatiques ont été utilisées pour contrer les méfaits des pucerons dans les rues de Montréal. Quand les pucerons s'installent sur les érables pour en sucer la sève, ils excrètent un liquide sucré, le miellat. Lorsqu'il y a beaucoup de pucerons, une pluie de gouttes de miellat tombe sur les autos et souille les carrosseries, ce qui provoque des plaintes de la part de citoyens. Le nombre de larves introduites au cours de ce projet a toutefois été insuffisant pour produire un impact significatif sur les populations de pucerons.
Aux États-Unis, on a donné à cette espèce le nom d'Halloween beetle, à cause de ses couleurs orange et noir, et parce qu'elle est particulièrement abondante près des habitations à cette époque de l'année.
Dans des conditions d'élevage idéales, une femelle peut pondre entre 2 300 et 3 800 œufs au cours de sa vie.
Des coccinelles asiatiques adultes peuvent supporter une température aussi basse que - 30 °C durant une courte période.

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Générique
Dernière révision : 2001-05-29
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