Papillon tigré du Canada (Papilio canadensis), adulte
René Limoges,
Insectarium de Montréal
Papillon tigré du Canada
Classification
Description des adultes
Cycle de vie
Habitat
Distribution géographique
Alimentation
Rôles écologiques
Comportements particuliers
Questions fréquemment posées
Faits intéressants et curiosités
Bibliographie
 
CLASSIFICATION

Phylum : Arthropodes
Classe : Insectes
Ordre : Lépidoptères
Famille : Papilionides
Nom scientifique : Papilio canadensis Rothschild & Jordan (certains auteurs ont traité cette espèce sous les noms suivants : Papilio glaucus canadensis, Pterourus canadensis et Pterourus glaucus canadensis)
Nom anglais : Canadian tiger swallowtail

ESPÈCES APPARENTÉES
Papilio canadensis était autrefois considéré comme une sous-espèce de Papilio glaucus Linné, le papillon tigré (tiger swallowtail). Ce dernier vit plus au sud que P. canadensis et n'est pas présent au Québec. Les deux espèces peuvent être difficiles à distinguer, mais P. canadensis est généralement plus petit que P. glaucus et il produit une seule génération par année plutôt que deux. Aussi, la bande noire sur le bord médian (adjacent à l'abdomen) de l'aile postérieure est plus large chez P. canadensis que chez P. glaucus. De plus, les femelles de  P. canadensis ne sont presque jamais noires (sauf parfois à Terre-Neuve), contrairement à celles de P. glaucus. Les jeunes chenilles (1er et 2e stades larvaires) de P. canadensis portent trois bandes transversales blanches sur le dos, alors que les chenilles du même âge chez P. glaucus n'en ont qu'une. Les deux espèces peuvent se reproduire entre elles et on trouve des formes hybrides dans les régions où leurs territoires se chevauchent (entre la Nouvelle-Angleterre et les Grands Lacs).

Papilio rutulus Lucas, une autre espèce semblable à P. canadensis, vit dans l'ouest des États-Unis et en Colombie-Britannique. P. rutulus se distingue de P. canadensis par l'absence d'écailles orangées dans les taches jaunes sur la face inférieure de l'aile postérieure, près du bord.

On compte 18 espèces de Papilionides au Canada, dont le papillon du céleri, une autre espèce commune au Québec.

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DESCRIPTION DES ADULTES

Le papillon tigré du Canada est un grand insecte mesurant entre 6,7 et 8 cm d'envergure. Sa tête porte deux antennes effilées qui se terminent par un renflement en forme de massue.


Papillon tigré du Canada (Papilio canadensis), adulte
René Limoges,
Insectarium de Montréal

Il a six pattes bien développées. Ses ailes jaunes sont rayées de noir et bordées d'une bande noire. Des taches bleues, jaunes et orange marquent cette bordure sur les ailes postérieures. Chacune de ces dernières se termine par une petite queue.

Sur le dessous des ailes, on note une bande jaune continue en bordure. Le dessous des ailes postérieures porte plusieurs écailles orange.

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CYCLE DE VIE

Avant l'accouplement, le papillon adulte mâle effectue des mouvements de patrouille pour repérer une femelle réceptive.


Papillon tigré du Canada (Papilio canadensis), œuf
René Limoges,
Insectarium de Montréal

Une fois fécondée, la femelle pond ses œufs verdâtres séparément sur les feuilles de la plante hôte (voir plus bas : Alimentation). La jeune larve qui en sort ressemble à une fiente d'oiseau. Elle garde cette apparence peu ragoûtante (qui la protège de ses ennemis) durant les deux premiers stades larvaires. À la mue suivante, la chenille prend une coloration verte. Cette couleur semblable à celle des feuilles lui sert de camouflage. Le corps de la chenille plus âgée est lisse et atteint en moyenne 30 mm de long. Près de sa tête, sur le troisième segment thoracique, se trouvent deux taches semblables à des yeux. Ces ocelles bien visibles sont jaune orangé et noirs. Une bande transversale jaune traverse le corps de la chenille derrière ces faux yeux.


Papillon tigré du Canada (Papilio canadensis), chenille
Francine Mondor

La chenille est active de la mi-juillet au début de septembre. Avant de se métamorphoser en chrysalide, elle peut quitter sa plante hôte, ce qui la rend plus facile à observer. Sa couleur vire au brun rosé. Elle vide ses intestins et s'immobilise, le plus souvent à la verticale, sur une tige ou une branche. Elle se fixe à ce support à l'aide d'un ensemble de petits crochets appelé crémaster. La chenille tisse ensuite une mince ceinture de soie qui fixe en place la partie supérieure de son corps. Enfin, la cuticule de l'insecte se fend pour laisser émerger la chrysalide. Celle-ci passe l'hiver attachée à son support, la tête vers le haut. Sa teinte brunâtre lui sert de camouflage à travers les écorces jusqu'à l'émergence de l'adulte au printemps.


Papillon tigré du Canada (Papilio canadensis), chrysalide
René Limoges,
Insectarium de Montréal

Le papillon tigré du Canada vole de la fin de mai à juillet. Il vit environ un mois. On compte une seule génération de cette espèce par année.

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HABITAT
Ce papillon vit dans les forêts de feuillus et les forêts mixtes. On le trouve aussi à la lisière des forêts, dans les clairières, les prés fleuris, au bord des tourbières, des lacs et des ruisseaux, ainsi que dans les villes, près des zones boisées.

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DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

On peut voir cet insecte à travers le Canada, d'un océan à l'autre, jusqu'à Terre-Neuve, et depuis le sud du pays jusqu'à la limite forestière. Il vit aussi dans l'ouest jusqu'au centre de l'Alaska. L'espèce est très commune dans le sud du Québec et commune plus au nord. On l'observe jusqu'à Schefferville.

Aux États-Unis, on rencontre ce papillon dans le nord de la Nouvelle-Angleterre, en région montagneuse.

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ALIMENTATION

La larve se nourrit des feuilles de sa plante hôte. Il s'agit souvent du bouleau à papier et du peuplier faux-tremble, mais on trouve aussi la chenille sur d'autres espèces de peupliers et de bouleaux, ainsi que sur des frênes, des cerisiers, des saules, des pommiers, des aulnes, des sorbiers, etc.

L'insecte adulte se nourrit du nectar des fleurs. Il butine en particulier les fleurs des arbustes, comme le lilas, ainsi que les épervières, les verges d'or, le trèfle, la marguerite et la vesce jargeau, entre autres. À l'occasion, on voit les mâles fouiller avec leur trompe le sol détrempé ou d'autres substances humides afin d'y puiser des sels minéraux. Ils peuvent aussi régurgiter du liquide par leur trompe pour humidifier un sol sec et avoir accès aux sels.

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RÔLES ÉCOLOGIQUES
Les chenilles sont des herbivores qui transforment la matière végétale en matière animale. Comme les adultes, elles servent de nourriture à de nombreux animaux.

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COMPORTEMENTS PARTICULIERS

Lorsque la chenille du papillon tigré du Canada est dérangée, elle fait habituellement saillir juste derrière sa tête un organe orange en forme de fourche. Il s'agit de l'osmeterium. Cette excroissance molle dégage une odeur désagréable, qui rappelle celle du fromage selon certains auteurs. L'osmeterium, qui ressemble à une langue fourchue, et les faux yeux de la chenille, lui font une tête de petit serpent. Malgré son apparence, l'insecte est tout à fait inoffensif.

Les papillons mâles de cette espèce se rassemblent parfois en grands groupes sur les chemins de terre mouillés et sur le sol humide autour des plans d'eau. On les trouve aussi parfois sur du fumier ou sur des cadavres d'animaux en décomposition. Ces insectes sont à la recherche de sels minéraux, dont le sodium, et d'autres substances comme des acides aminés. Une partie de ces éléments est nécessaire à la reproduction, et le mâle les transfère dans le corps de la femelle lors de l'accouplement par l'entremise du spermatophore. Ce dernier est une « poche » qui contient, en plus des sels minéraux et autres substances nutritives, les spermatozoïdes essentiels à la production d'œufs fertiles. 

Cette espèce de milieux forestiers vole souvent très haut, près du sommet des arbres. Les papillons se posent fréquemment dans les hauteurs. Il faut profiter de leur butinage dans les fleurs pour les observer. On les voit aussi dans la végétation plus près du sol lors des soirées fraîches, car l'air y est plus chaud.

La chenille solitaire du papillon tigré du Canada se nourrit la nuit. Le jour, elle se repose habituellement à la surface du feuillage sur une petite plate-forme de soie.

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QUESTIONS FRÉQUEMMENT POSÉES

Les queues des ailes de ce papillon servent-elles à quelque chose ?

Il n'est pas rare d'observer un papillon tigré du Canada dont les extrémités des ailes postérieures sont endommagées ou ont disparu. L'absence de ces queues n'empêche pas le papillon de voler. Elle est simplement la preuve que ces excroissances ont bien joué leur rôle. Les queues imitent des antennes. Près de ces fausses antennes se trouvent des taches colorées qui font figure de faux yeux. Des lignes noires sur les ailes ont aussi pour but de diriger l'attention des prédateurs vers cette fausse tête. L'ennemi a donc tendance à attaquer le papillon dans cette zone, et s'en prend alors à des parties non vitales. Même s'il lui manque un bout d'aile, le papillon peut s'échapper sain et sauf.

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FAITS INTÉRESSANTS ET CURIOSITÉS

Les membres de la famille des Papilionides, dont fait partie le papillon tigré du Canada, sont aussi appelés queues d'hirondelles ou porte-queue. Il s'agit pour la plupart de papillons de bonne taille, colorés, au vol puissant et rapide. Cette famille comprend les plus grands papillons de jour du monde. Il s'agit des papillons à ailes d'oiseaux d'Australie et d'Asie du Sud-Est (ou Ornithoptères), dont certains atteignent 255 mm d'envergure.

Rapide des papillons, une localité située le long de la rivière Harricana, doit son nom au grand nombre de papillons tigrés du Canada qui furent observés sur ses rives.

Le papillon adulte mâle serait attiré par l'odeur du tabac qui brûle.

Le 4 juillet 1988, Postes Canada a émis un timbre de 37 cents mettant ce papillon en vedette.

Papilio glaucus, proche parent de cette espèce, a été le premier papillon américain à faire l'objet d'une illustration. Il a été dessiné par John White, en 1587, qui participait à la troisième expédition de Sir Walter Raleigh en Virginie (États-Unis).

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BIBLIOGRAPHIE

Dallinger, J. et C. Overbeck. 1982. Swallowtail butterflies. Lerner Publications Company, Minneapolis. 48 p.

Hagen, H. H., R. C. Lederhouse,  J. L. Bossart & J. M. Scriber. 1991. Papilio canadensis and P. glaucus (Papilionidae) are distinct species. Journal of the Lepidopterists' Society 45: 245-258.

Handfield, L. 1999. Le Guide des papillons du Québec. Broquet. Boucherville. 536 p.

Laplante, J.-P. 1998. Papillons et chenilles du Québec et de l'est du Canada. Les Éditions de l'Homme. Montréal. 280 p.

Sedenko, J. 1992. The Butterfly Garden: Creating Beautiful Gardens to Attract Butterflies. Villard Books, New York. 142 p.

Whalley, P. 1988. De la chenille au papillon. Collection « Les yeux de la découverte », Éditions Gallimard, Paris. 64 p.

 

Code d'éthique pour la collecte de papillons

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Dernière révision : 2002-11-25
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