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La phytoprotection au Jardin botanique de Montréal :
un virage au vert en douceur (partie 2)

Le type de lutte pratiquée au Jardin tend vers l'intégration des moyens de contrôle: une sorte de lutte intégrée où le niveau d'intervention est basé sur des critères d'esthétisme et non d'économie. On évite d'avoir recours seulement aux pesticides pour régler un problème phytosanitaire. Les facteurs environnementaux et les méthodes culturales ayant contribué à l'apparition d'une maladie sont modifiés, dans la mesure du possible, afin d'en réduire l'incidence. Ainsi, dans le cas du blanc du rosier, les cultivars les plus touchés sont relocalisés sur un site mieux aéré et exposé au soleil asséchant du matin tandis que l'ancien site est replanté avec des plants résistants. Cela fonctionne! Des fongicides sont encore appliqués mais en quantité moindre, car la maladie est beaucoup plus facile à contrôler dans la roseraie. Il ne nous reste maintenant qu'à faire déplacer le mât du stade olympique, la section de la roseraie qu'il ombrage le matin étant sujette à l'oïdium!

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Dans les jardins extérieurs, nous nous sommes permis quelques incursions de lutte biologique et les résultats sont très encourageants. Il est évidemment plus difficile de pratiquer une introduction de prédateurs ou de parasites dans un espace ouvert qu'à l'intérieur des serres où la population est enfermée! Ainsi, la bactérie Agrobacterium radiobacter (nom commercial: Dygall) semble bien protéger les plants de framboisiers et de rosiers contre la tumeur du collet causée par sa consoeur, l'Agrobacterium tumefaciens. Une autre bactérie, le Bacillus thuringiensis var. kurstaki (nom commercial: Dipel) sert à lutter contre toutes sortes de problèmes de chenilles et, plus particulièrement, contre le Synclita obliteralis, qui vit sur l'eau, enfermé dans une petite case en forme de lentille, laquelle est fabriquée à partir de morceaux de feuilles de nénuphar. On saupoudre l'eau des bassins, sans agiter, et la bactérie fait le reste. Des lâchers de l'Amblyseius fallacis, une mite prédatrice, ont été effectués dans l'intention de réprimer la mite à deux points sur certains sites où il y a des cultures infestées chaque année (rosiers, aubergines, buddleia, lin pakistanais, etc.). L'acarien prédateur est indigène au Québec et offre une résistance à plusieurs pesticides. Jusqu'à maintenant, les résultats sont très positifs et nous espérons ainsi résoudre définitivement notre problème à certains endroits du Jardin. Le hic avec la lutte biologique, c'est qu'on a beau suivre le mode d'emploi, les résultats ne sont pas toujours aussi probants qu'avec l'utilisation des pesticides.

Coccinelle

En ce qui concerne les serres, nous cherchons actuellement à introduire de façon progressive la lutte biologique (voir article de Lise Gobeille et Gabriel Téodorescu, pp.). Prédateurs et parasites d'insectes ont conquis d'abord les serres de l'Insectarium en 1991, ensuite la serre de la collection des orchidées, depuis peu la serre d'exposition des broméliacées, la serre Molson et, finalement, la collection des plantes tropicales.


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Dernière mise à jour : 2003-10-23
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