Les Aracées
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| Arisaema triphyllum ssp. triphyllum |
L'inflorescence printanière de cette plante québécoise, appelée aussi petit prêcheur,
déconcerte le randonneur. La spathe cache ici le spadice qui regroupe les fleurs. |
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| Anthurium longilaminatum |
On voit bien ici la spathe colorée. Le spadice qui regroupe les fleurs est allongé.
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| Anthurium x A. ferrierense |
Vue de près du spadice. On voit chaque fleur qui, chez l'Anthurium, est bisexuée c'est-à-dire à la fois mâle et femelle.
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Appareil reproducteur : Des fleurs inconnues
Si les feuilles décoratives des Aracées sont bien connues, il en va tout autrement pour leurs fleurs
qui, le plus souvent, demeurent camouflées sous le feuillage ou bien ne se développent tout simplement pas.
La floraison des Aracées est tellement peu connue, qu'il arrive que des personnes
prennent l'inflorescence des Diffenbachia, par exemple, pour une anomalie !
Or, la fleur des Aracées, pour qui la regarde avec une loupe binoculaire, recèle un monde fascinant de
formes et de couleurs.
Ce que certains appellent communément «fleur» est en fait une inflorescence constituée
de nombreuses fleurs, comme chez les Composées. Sauf que, chez les Aracées, les fleurs au lieu d'être
portées par un axe aplati, sont distribués le long d'une colonne allongée munie d'une bractée souvent
colorée, appelée spathe. Fleurs et colonnes forment le spadice.
Selon le genre, le spadice peut contenir de 2 à plus de 2 000 fleurs. Les minuscules
inflorescences du Lemna minor, par exemple, plante indigène du Québec, ne porte que 3
fleurs, alors que sur certaines inflorescences d'Anthurium des collections du Jardin,
les botanistes auraient compté près de 2 500 fleurs.
Elle a grossièrement l'apparence d'un
cylindre couvert de losanges. En fait, chaque losange représente une fleur formée d'un pistil, de
4 étamines et de 4 tépales qui forment le contour du losange. Les 4 étamines sont cachées à
l'intérieur des tépales. Elles ne sont généralement visibles qu'à l'anthèse ; les sacs polliniques
forment alors de petites masses jaunes ou blanches qui contrastent avec la couleur verte ou rouge vin
des tépales.
Sur certaines espèces, on peut aussi observer périodiquement une gouttelette de matière
plus ou moins collante à la surface du stigmate. Il s'agit d'une sécrétion du pistil qui a comme
fonction d'attirer les insectes.
La fructification des Anthurium commence par le
développement des pistils, l'appareil reproducteur femelle ; on voit alors apparaître de
petites bosses à la surface de l'ancien spadice. Au cours du développement, les fruits
acquièrent leur forme globuleuse et leur couleur caractéristique. Les fruits, qui au sens
botanique sont des baies, comme le bleuet, sont généralement blancs, oranges ou rouges.
Comme le fruit ne vient que d'une seule fleur, on trouvera donc sur un spadice autant de
fruits qu'il y aura eu de fleurs fécondées. Ce que l'on voit sur les Anthurium et les
autres Aracées, au moment de la fructification, ce n'est pas un fruit mais des dizaines ou des
centaines de fruits.
Mais il ne faut pas s'attendre à trouver chez toutes les Aracées des fleurs comme celles que nous
venons de décrire. En effet, si la fructification est uniforme dans toute la famille, il n'en va pas de
même pour la structure de la fleur qui, elle, varie considérablement.
La fleur typique du genre Anthurium, genre qui comptent près de 900 espèces, est une fleur bisexuée
qui se rencontre aussi, par exemple, dans les genres Monstera, Spathiphyllum, Pothos
et Acorus. Ce type de fleur caractérise près de la moitié des espèces d'Aracées.
L'autre moitié se caractérise par des fleurs unisexuées, ainsi qu'on en trouve, entre autres, chez les Aglaonema,
les Philodendron, les Amorphophallus et les Arisaema.
La majorité des genres
qui possèdent des fleurs unisexuées n'ont pas de périanthe : les fleurs sont nues ;
il n'y a que le pistil et les étamines. De plus, les fleurs mâles occupent la moitié supérieure
de l'inflorescence (le spadice) et les fleurs femelles la moitié inférieure. Si on ajoute
au critère de position leur forme caractéristique, il n'est pas difficile de distinguer ces deux
types de fleurs. Les fleurs femelles ont généralement une forme globuleuse et portent un stigmate
aplati, alors que les fleurs mâles formes des figures géométriques irrégulières sur la surface
du spadice. Entre le secteur mâle et le secteur femelle, on observe souvent des fleurs mâles
stériles, des staminodes, aux formes variées, par exemple chez les Philodendron, les
Xanthosoma et les Colocasia.
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