Les Broméliacées
|
| Ananas comosus |
L'ananas est une plante apportée en Europe par Christophe Colomb. |
|
| Tillandsia usneoides |
La mousse espagnole, qui doit son nom latin au Dr. Tillands |
|
La découverte scientifique des Broméliacées
Christophe Colomb fut, semble-t-il, le premier à découvrir les Broméliacées. Bien que les
explorateurs de l'époque étaient surtout intéressés par les objets de valeur, les nouvelles
plantes comestibles comptaient aussi parmi les trésors à rapporter au pays. C'est ainsi
qu'en 1493, lors de son second voyage au Nouveau-monde pour le compte de la reine
Isabella d'Espagne, Christophe Colomb découvre l'ananas (Ananas comosus)
sur une île des Caraïbes, appelée aujourd'hui Guadeloupe, où cette espèce était déjà cultivée.
Notons cependant que l'ananas est originaire du Brésil.
Dès le début du 16e siècle, l'ananas fut le fruit le plus exotique cultivé
pour les tables royales. Lorsque le jardinier du roi Charles d'Angleterre présenta à ce dernier le
premier ananas cultivé en ce pays, l'événement fut jugé assez important pour être
représenté sur une peinture, laquelle était encore exposée, en 1980, au Victoria and
Albert Museum de Londres.
En 1709 et 1730, Feuillée, un explorateur français, rapporta des spécimens de
Broméliacées du Pérou et du Chili alors que, pendant la même période, Desmarchais,
un autre explorateur français, en trouva en Guyane. Grâce au Gardeners Dictonary que P.
Miller publia en 1785, nous savons qu'à cette époque certaines espèces de Broméliacées
étaient cultivées en serres en Angleterre.
Linné, dans son Species Plantarum publié en 1754, reconnaît 14 Broméliacées
qu'il classifie en deux genres : Bromelia et Tillandsia. L'ananas
s'appelait alors Bromelia ananas. Bien que Linné reconnu officiellement le genre
Bromelia en l'honneur d'Olaf Bromel, un botaniste suédois rendu célèbre pour sa
Flore de la Ville de Goetheborg, c'est Carolus Plumier (1646-1704), un explorateur
français des Antilles, qui donna le nom de Bromelia aux plantes que les Indiens
appelaient alors Karatas. D'ailleurs, ce nom vernaculaire fut conservé pour une
Broméliacée originaire des Caraïbes et d'Amérique centrale, le Bromelia karatas.
En 1805, un botaniste français du nom de Auguste Jaume de Saint-Hilaire décida que
ce groupe de plantes était assez diversifié pour former une famille distincte qu'il
appela Bromeliaceae, d'après le genre Bromelia.
Bromelia ananas changea éventuellement de nom pour Ananas comosus
dont l'épithète spécifique signifiant «touffe de feuilles» décrit bien la
partie supérieure de l'ananas. La famille des Bromeliaceae fut plus tard
divisée en sous-familles. Ainsi, le genre Bromelia servit de genre type
pour former la plus grande des sous-familles, les Bromelioideae.
Le genre Pitcairnia, nommé ainsi en l'honneur d'un botaniste et physicien
anglais, le Dr. Pitcairn, fut utilisé comme genre type pour les Pitcairnioideae.
Enfin, le genre Tillandsia représente le genre type de la sous-famille des Tillandsioideae.
Le genre Tillandsia fut nommé en l'honneur du Dr. Tillands, un professeur
suédois qui avait, apparemment, une phobie des étendues d'eau. Cette peur était, semble-t-il, si intense
qu'il préférait parcourir de grandes distances sur la terre, avec tous les inconvénients que cela
implique, plutôt que de traverser quelques milles d'une nappe d'eau en bateau. Le genre Tillandsia
comprend un certain nombre d'espèces xérophiles (adaptées aux milieux secs) telles que T. usneoides, la
«mousse espagnole». Ces espèces, sans racines développées et dont la
préférence va aux milieux secs, semblent avoir l'eau en horreur comme le
malheureux Dr. Tillands !
|