Les Broméliacées
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| Guzmania lingulata |
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Aechmea fasciata |
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L'ntroduction horticole des Broméliacées
La culture des Broméliacées débuta assez tôt après leur découverte, principalement à cause de leur
beauté, de leur originalité et de leur endurance. En effet, les Broméliacées pouvaient supporter de
longs voyages en mer, lesquels étaient souvent fatals pour les plantes d'autres familles.
Les deux premières espèces à être rapportées en Europe furent Ananas comosus en 1493 et
Bromelia pinguin en 1690 suivies de Guzmania lingulata en 1766. Aechmea fasciata,
introduit en 1828, fleurit pour la première fois en septembre 1846 à la maison Van Houtte à Gand en Belgique.
Vriesiae splendens fut introduit de Guyane dans les années 1840 par Melinon et Leperieur. À peu
près à la même période, Aechmea fulgens fut rapporté du Brésil. Plusieurs espèces de Billbergia
furent introduites en Europe à la fin de la première moitié du 19e siècle (Padilla, 1966).
Le Jardin botanique de Kew (Angleterre) comptait 16 espèces de Broméliacées en 1811, 100 espèces en 1864
et 252 en 1887. Dans le Jardin botanique de la Dutch University à Leyde (Hollande), on cultivait
334 espèces en 1894. À part les espèces locales, les Broméliacées étaient pratiquement inconnues aux
États-unis à cette époque. La période d'introduction des Broméliacées en Europe correspond à celle des
Orchidées et d'autres plantes tropicales remarquables. Tant les pépiniéristes que les collectionneurs
privés et les naturalistes s'intéressaient à ce groupe de plantes (Padilla, 1966).
Ce sont les Belges qui, les premiers, ont popularisé les Broméliacées comme plantes d'appartement.
Plusieurs horticulteurs et explorateurs belges, subventionnés par leur gouvernement, partaient en
expédition à la recherche de plantes exceptionnelles ou peu communes. Grâce à ses voyages en Amérique du
Sud de 1835 à 1845, Jean Linden introduisit en Europe environ 1 100 espèces d'orchidées et 1 500 autres
plantes tropicales parmi lesquelles figurent plusieurs Broméliacées (Padilla, 1966).
Le premier traité sur les Broméliacées comme plantes d'intérieur fut Die familie der Bromeliaceen,
écrit par Joseph Georg Beer en 1857. Le professeur Édouard Morren, directeur du Jardin botanique de
Liège, publia en 1885 son Belgique Horticole avec des illustrations en couleurs de très haute qualité
dont plusieurs sont aujourd'hui exposées au Jardin botanique de Kew. Édouard François André, architecte
paysagiste et étudiant de Morren contribua aussi au développement des connaissances de cette famille et
stimula l'intérêt du public pour ces plantes inusitées. Ses voyages en Colombie et en Équateur lui
permirent, lors de son retour en France, de publier une monographie intitulée Bromeliaceae Andreanae
qui comprend une description détaillée de 122 espèces et 14 variétés qu'il récolta en Amérique du Sud.
De ces descriptions, 91 étaient nouvelles et la plupart sont encore valides aujourd'hui. En 1935,
nouvel essor avec la publication d'une monographie très à date pour l'époque : Bromeliaceae
par Carl Mez, botaniste allemand (Benzing, 1980 ; Kramer, 1981).
La culture des Broméliacées suscita de l'intérêt jusqu'au début du 20e siècle, après quoi les deux
grandes guerres mondiales, surtout la deuxième (1939-1945), ont quelque peu refroidi l'enthousiasme pour
l'horticulture en général. Plusieurs collections de plantes vivantes et spécimens d'herbier furent alors
détruits. Après 1945, l'intérêt pour les Broméliacées fut à nouveau éveillé non seulement en Europe, mais
aussi aux États-Unis, en Australie, en Nouvelle-Zélande et ailleurs dans le monde.
Les nombreux travaux de Mulford Foster, de Orlando en Floride, contribuèrent à l'avancement de la culture
des Broméliacées en Amérique. Plusieurs espèces portent son nom dont : Aechmea fosteriana,
Cryptanthus fosteriana et Dykia fosteriana. L'intérêt pour la culture de ces plantes gagna
beaucoup d'adeptes à travers le monde qui se regroupèrent en une société d'horticulture vouée à la culture
et à la recherche. C'est ainsi que Mulford Foster fonda, en 1950, à Los Angeles (California), la
Bromeliad Society qui publie bimensuellement une revue contenant des informations
sur l'histoire, la
culture, la systématique et la phylogénie de cette famille.
Avant 1950, la découverte et l'introduction de nouvelles espèces et la plupart des travaux sur
l'hybridation venaient de l'Europe ; après 1950, grâce aux travaux de Mulford et Racine Foster et d'autres
Américains, l'Amérique du Nord a progressé énormément en ce qui a trait au développement de méthodes
de culture et à la systématique de cette famille.
Cependant, ce ne fut réellement qu'après le début des années 1970 que les Broméliacées devinrent bien
connues en Amérique. L'hybridation a permis la production de plusieurs nouvelles variétés intéressantes.
La forme de la plante, la couleur des feuilles et des fleurs, la résistance aux conditions culturales
difficiles sont autant de facteurs qui font qu'une variété est préférée à une autre. Le nombre sans cesse
croissant des adeptes de la culture des Broméliacées laisse croire qu'elles vont devenir l'un des groupes
de plantes ornementales les plus populaires (Benzing, 1980 ; Kramer, 1981).
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