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La classification botanique des Gesnériacées
Les Gesneriaceae forment une famille pan-tropicale qui comprend la sous-famille néo-tropicale Gesnerioideae et la sous-famille paléo-tropicale Cyrtandroideae.
D'après la classification de Burtt (1963), la première possède des cotylédons
de taille égale et est restreinte au Nouveau Monde, sauf la plupart des genres de la tribu des
Coronanthereae et le genre Fieldia.
La seconde se caractérise par la présence de
cotylédons de taille inégale et se rencontre uniquement dans l'Ancien Monde, excepté le genre
américain Rhynchoglossum.
Soulignons que Wiehler (1983), dans son excellent travail
sur les Gesnériacées, élève la tribu des Coronanthereae au rang de sous-famille, puisqu'elle
possède des caractères qui la distinguent des Gesnerioideae, entre autres, la
répartition géographique et la présence de nectaires soudés à l'ovaire.
La classification de Burtt, qui est acceptée par la majorité des botanistes
contemporains, marque une étape importante dans notre compréhension de la
systématique de cette famille et constitue un bel exemple d'analyse
taxonomique.
Avant les travaux de ce botaniste, qui furent réalisés
principalement au cours des quatre dernières décennies, la classification la
plus répandue était celle de Fritsch qui datait de la fin du 19e
siècle et que l'on retrouve encore dans plusieurs traités modernes de
botanique (Melchior, 1964). Cet auteur divise les deux sous-familles d'après
la position de l'ovaire. Les Cyrtandroideae comprennent les genres
munis d'un ovaire supère, alors que les Gesnerioideae groupent ceux
qui possèdent un ovaire infère ou semi-infère. Cette classification diffère
sensiblement de celle de Burtt (voir le tableau ci-bas). Un genre comme Columnea,
par exemple, appartient, selon Fritsch, aux Cyrtandroïdées, alors que chez
Burtt, il se trouve dans les Gesnérioïdées.
On considère aujourd'hui que
la position de l'ovaire est trop variable d'un genre à l'autre pour
permettre une classification naturelle des Gesnériacées. L'apport de
Burtt fut d'avoir montré que le type de cotylédon était en corrélation
avec la répartition géographique. Ainsi, les deux sous-familles forment à
la fois des entités taxonomiques et géographiques. Dès lors, on peut dire
que la classification de Burtt est plus naturelle que celle de Fritsch
et constitue un progrès par rapport à cette dernière, puisqu'elle
représente mieux l'histoire évolutive des Gesnériacées.
Classifications ancienne et moderne des Gesnériacées
Selon : Syllabus des Pflanzen Familien (Melchior, 1964)
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Sous-familles |
Tribus |
Exemples de genres |
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Cyrtandroïdées (ovaire supère)
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Ramondées |
Petrocosmea, Saintpaulia |
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Didymocarpées | Didymocarpus, Briggsia, Chirita |
| Championiées | Platystemma |
| Streptocarpées | Streptocarpus |
| Aeschynanthées | Aeschynanthus |
| Klugiées | Klugia |
| Hemiboées | Hemiboea |
| Beslériées | Besleria |
| Coronanthérées | Coronanthera |
| Cyrtandrées | Cyrtandra |
| Columnées | Alloplectus, Columnea, Episcia, Hypocyrta, Nautilocalyx, Nematanthus |
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Gesnérioïdées (ovaire infère)
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Belloniées | Bellonia |
| Gloxiniées | Achimenes, Gloxinia, Smithiantha |
| Kohlériées | Kohleria |
| Sinningiées | Rechsteineria, Sinningia |
| Solénophorées | Solenophora |
| Gesnériées | Gesneria |
Selon : Burtt (1963) et Heywood (1978)
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Sous-familles |
Tribus |
Exemples de genres |
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Cyrtandroïdées (63 genres et plus de 1 550 espèces)
Cotylédons de taille inégale. Distribution restreinte à l'Ancien Monde, sauf le genre Rhynchoglossum. |
Cyrtandrées | Cyrtandra |
| Trichosporées | Aeschynanthus |
| Klugiées | Rhynchoglossum |
| Didymocarpées | Streptocarpus |
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Gesnérioïdées (63 genres, plus de 1300 espèces)
Cotylédons de taille égale. Distribution surtout restreinte au Nouveau Monde, sauf 3 genres de
tribu Coronanthereae et le genre Fieldia qui vivent dans l'Ancien Monde. |
Gloxiniées | Achimenes, Sinningia |
| Episciées | Episcia, Columnea |
| Besleriées | Besleria |
| Napeanthées | Napeanthus |
| Gesnériées | Gesneria |
| Coronanthérées | Asteranthera |
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Texte tiré d'un article de Denis Barabé, paru dans le Bulletin de la SAJIB. Cette adaptation fait partie des Textes botaniques Web+ du Carnet horticole et botanique du Jardin botanique de Montréal. |
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