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Les vedettes du Jardin botanique de Montréal

Description botanique des Gesnériacées - L'appareil reproducteur (fleurs)

La plupart des Gesnériacées possèdent des fleurs aux couleurs voyantes, ce qui en fait des plantes d'appartement intéressantes. Chez certaines espèces, non seulement la corolle, mais aussi les sépales et les bractées sont colorées. Les fleurs peuvent être unies, rayées, tachetées ou bicolores. Elles mesurent de un à 20 centimètres de largeur et se présentent dans toute la gamme des couleurs, y compris de nombreux tons de rouge, d'orange, de jaune, de bleu, de pourpre et même de vert.

Dans de bonnes conditions, les fleurs de certaines espèces appartenant aux genres Nemathanthus et Aeschynanthus peuvent durer jusqu'à deux semaines. Par contre, d'autres Gesnériacées, comme Napeanthus, produisent des fleurs qui vivent moins d'une journée : elles s'ouvrent au crépuscule pour se faner au matin.

Les fleurs sont bisexuées, c'est-à-dire qu'elles possèdent à la fois les organes mâles et femelles. Elles présentent habituellement une symétrie dorsi-ventrale, sauf quelques cas où l'on trouve une symétrie radiée.

Aeschynanthus speciosus
Aeschynanthus speciosus
Streptocarpus cooperi
Streptocarpus cooperi

Le calice possède de quatre à cinq lobes libres ou unis à la base, égaux ou inégaux, entiers ou diversement dentés. Les pétales, au nombre de cinq ou parfois quatre, forment un tube court comme chez Saintpaulia et Bellonia ou très long comme c'est le cas chez Solenophora par exemple. Il peut être étroit ou renflé. Les lobes, situés à l'extrémité du tube pétalaire sont dressés ou recourbés, frisés ou frangés. Il arrive que la corolle soit recouverte d'une pilosité aux couleurs contrastantes. Dans le tube se trouvent parfois des glandes munies de poils visqueux.

Les fleurs de Gesnériacées possèdent généralement quatre étamines, cependant ce nombre peut être quelquefois de deux ou de cinq. À la base, les étamines sont unies aux pétales. Les anthères se soudent entre elles juste avant l'ouverture de la fleur. La déhiscence du pollen se fait par des pores ou des fentes longitudinales. Dans certains groupes, on trouve des staminodes Le nectar est produit par un disque ou par cinq glandes nectarifères placées à la base de l'ovaire, entre les carpelles et les étamines. Quelques genres possèdent des nectaires rudimentaires et non fonctionnels ou complètement absents comme dans le genre Napeanthus par exemple.

L'ovaire est supère ou infère, uniloculaire ou rarement biloculaire. La placentation est pariétale. Le principal caractère distinctif entre les Gesnériacées et les Scrophulariacées a toujours été le type de placentation : axile chez les Scrophulariacées et pariétale chez les Gesnériacées. Or, on sait depuis longtemps qu'il existe, dans chacune de ces familles, des représentants avec une placentation pariétale et d'autres avec une placentation axile. Certains auteurs ont démontré, aux dires de Wiehler (1983), qu'il n'y a pas de différence fondamentale entre la placentation axile des Scrophulariacées et la placentation pariétale des Gesnériacées. Cependant le type de placentation demeure, dans 96% des cas, un bon caractère pour distinguer ces deux familles. Le style simple s'allonge habituellement lorsque les étamines se rétractent. Le stigmate est généralement bilobé ou stomatomorphique, c'est-à-dire en forme de bouche.

La plupart des Gesnériacées néo-tropicales possèdent des fleurs où le développement des organes mâles est déphasé. Généralement ce sont les étamines qui atteignent leur maturité en premier lieu. Le cas contraire n'est connu que de Gesneria pollinisés par les chauves-souris : G. auriculata, G. leucomalla, G. tomentosa, G. vermicosa et G. viridiflora.

Les fleurs de Gesnériacées sont considérées comme évoluées, car leur forme et leur couleur constituent une adaptation très poussée aux agents pollinisateurs. Dans cette famille, la pollinisation se fait par les insectes, les oiseaux ou les chauve-souris. À chaque agent pollinisateur correspond un type de fleur. Chez les Gesnériacées, l'évolution des espèces est intimement liée à des changements dans le mode de pollinisation. Les caractères suivants jouent un rôle dans la pollinisation :

  • le type, la longueur et la position des inflorescences;
  • la forme, la grandeur, la couleur et la texture du calice et de la corolle;
  • la position de l'ovaire;
  • la présence ou l'absence de nectaires;
  • la forme, la taille et la position des nectaires;
  • l'odeur dégagée par la fleur; la forme et la position du stigmate;
  • la longueur du style;
  • la forme et la position des anthères.
Achimenes 'Paul Arnold'
Achimenes 'Paul Arnold'

De plus, nous l'avons pu précédemment, même les organes végétatifs peuvent jouer un rôle dans la pollinisation.

Wiehler (1983) estime que 50% des Gesnériacées néo-tropicales sont pollinisées par les oiseaux-mouches. Ceci est un très haut pourcentage, même pour une famille de plantes néo-tropicales. D'après cet auteur, le centre de répartition des Gesnérioïdées, qui se situe en Colombie et en Équateur, coïncide avec le centre de répartition de la famille d'oiseaux Trochilidae. Ce groupe d'oiseaux-mouches contient près de 320 espèces et 450 sous-espèces. La majorité des autres espèces de Gesnériacées néo-tropicales est pollinisée par les insectes, particulièrement les abeilles du groupe Euglossine (30%). Les espèces pollinisées par les chauves-souris possèdent des fleurs verdâtres, comme c'est le cas pour Kohleria digitaliflora.

Il existe une forte corrélation entre l'épiphytisme et la pollinisation par les oiseaux. Par exemple, dans la tribu des Épisciées, qui contient 670 espèces, au moins 80% des 468 espèces épiphytes sont pollinisées par les oiseaux-mouches.

Chez les Gesnérioïdées pollinisées par les oiseaux-mouches (Woods et Woods, 1984), on trouve quatre types de corolles, qui peuvent être rouges, oranges ou jaune foncé : les corolles tubuleuses à symétrie presque actinomorphe, formant un tube plus ou moins droit (des Trichantha et des Kohleria) ; les corolles à symétrie zygomorphe, formant un type allongé (type des Columnea) ; les corolles en forme d'urne munie d'une petit ouverture (quelques espèces d'Alloplectus et Besleria) ; les corolles formant un tube plus ou moins large, muni d'une ouverture entourée de lobes pétalaires libres, des espèces d'Episcia et de Drymonia. Ce dernier type représente une adaptation récente à la pollinisation par les oiseaux.

Les Gesnériacées possèdent une capsule sèche (tribu des Gloxiniées) ou charnue, ou quelquefois une baie.

Le mode dissémination des graines varie sensiblement à l'intérieur de la famille. Les Aeschynanthus, par exemple, produisent des fruits étroits, pouvant mesurer plus de 30 centimètres, qui, en se balançant au vent, libèrent d'innombrable graines poilues. Les fruits tordus des Streptocarpus sèchent en mûrissant pour ensuite s'entrouvrir et laisser échapper lentement les graines. Les capsules de certains Gesneria ont la forme d'une coupe évasée et les graines sont expulsées par la pluie.

Les graines contenues dans les baies sont habituellement plus grosses et moins nombreuses que celles qu'on trouve dans les capsules. La mince enveloppe semi-transparente des baies joue quelquefois le rôle de serre et permet aux graines de germer avant d'être dispersées. Chez Codonanthe crassifolia, il se produit un phénomène assez intéressant. En effet, les baies se fendent occasionnellement après une pluie abondante. Ce phénomène représenterait une adaptation à la dissémination des graines par les fourmis. Ceci est autant plus probable que les graines ressemblent à des oeufs de fourmis. Chrysothemis friedrichstholia représente aussi un autre cas de dispersion des graines par les fourmis (Folsom, 1984).

Notons pour terminer cette section que la production de baie constitue une adaptation à la dissémination des graines par les oiseaux.

Les graines sont très petites. Elles sont comparables à celles des orchidées. Elles germent cependant rapidement et poussent aussi facilement que celles des Pétunias. Les graines de certaines Gesnériacées peuvent se conserver pendant plusieurs années, même sans conditions particulières d'entreposage.

  Page suivante Texte tiré d'un article de Denis Barabé, paru dans le Bulletin de la SAJIB.
Cette adaptation fait partie des Textes botaniques Web+ du Carnet horticole et botanique du Jardin botanique de Montréal.
Botanique des gesnériacées


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Dernière mise à jour : 2010-10-13
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