Qui est ce houx ?
Même le nom latin du houx a son histoire. Le nom du genre Ilex était autrefois le nom
d'espèce d'un chêne de la région méditerranéenne possédant des feuilles aux bords épineux, le
Quercus ilex. L'ancien nom latin du houx était Aquifolium, mais Linnée n'appréciant
pas ce nom de genre comportant deux mots, lui attribua le nom d'Ilex, mot celtique
signifiant «pointe». Le houx d'Europe, mieux connu sous le nom vernaculaire de houx
anglais, devint l'Ilex aquifolium. Cette espèce, ou plus précisément les cultivars qui
en sont dérivés, est celle qui est la plus cultivée comme houx de Noël.
Malgré cette «célébrité» fermement établie du Ilex aquifolium, le genre Ilex
(famille des Aquifoliacées) comprend quelque 400 espèces! Et ces houx ne sont pas tous à
feuilles persistantes et épineuses. De plus, toutes les baies ne sont pas exclusivement rouges :
il y en a des jaunes, des noires et des blanches. La majorité des espèces sont tropicales et on
en trouve dans les deux hémisphères. Une seule espèce, l'Ilex verticillata, est indigène au
Québec ; c'est une espèce à feuilles décidues mais très ornementale quant à sa production de
baies rouges très apparentes après la chute des feuilles. C'est aussi, il faut bien le réaliser, une
des espèces les plus rustiques. On la rencontre dans les boisés humides et sur les rivages. Il y a
quelque 25 espèces aux États-Unis, la plupart concentrées dans les régions du sud-est. La plus
cultivée est l'Ilex opaca, appelée houx américain, espèce à feuilles persistantes mais peu
lustrées, épineuses et à baies rouges.
Les Ilex sont des plantes dioïques : les fleurs mâles et les fleurs femelles
sont portées par des individus différents. Si on désire une production de baies, il faut donc
s'assurer de la présence des deux sexes. Ainsi, dans les cultures de houx, un plant mâle
est nécessaire pour une quinzaine de plants femelles.
En horticulture ornementale, le houx, grâce à ses nombreuses espèces et ses très nombreux
cultivars, a de multiples usages. En aménagement, on l'utilise en massif ou comme spécimen isolé, en
haie ou en bordure (les houx épineux ont un effet particulièrement dissuasif contre les intrus!) et en
art topiaire (certains houx supportent très bien les tailles franches). Les houx nains sont souvent
utilisés pour la formation de bonsaï ou la production de potées de Noël.
Pour la floriculture, le houx est cultivé sur de grandes surfaces : la majorité des arrivages de
rameaux de houx proviennent des grands vergers de la Côte Ouest américaine, en particulier de
l'État de l'Orégon. Cette culture a elle aussi sa petite histoire. La conquête de l'Ouest
américain s'est faite par des colons des états de l'Est américain, venus à l'origine d'Angleterre. Une
fois établis, et probablement en mal du pays, certains firent venir d'Europe quelques plants de houx
anglais. Leur culture s'avéra aisée sous ce climat doux et humide. À l'époque des fêtes, ils firent
parvenir à leurs parents et amis des boîtes remplies de rameaux de houx, souvent montés en guirlandes et
en couronnes décorées. Ces présents très appréciés provoquèrent un engouement auprès des fleuristes de
la Côte Est et donnèrent naissance à une culture commerciale florissante.
Encore aujourd'hui, c'est de la Côte Ouest américaine que proviennent dès la fin novembre les
rameaux importés par les grossistes en fleurs. Au Québec, la demande n'est pas très forte. Les
fleuristes et leurs clients n'apprécient guère un matériel aussi piquant. Le houx est très périssable
s'il n'est pas conservé à un taux d'humidité élevé et à une température voisinant les 1°C. Les rameaux
sont souvent dépourvus ou faiblement garnis de baies. Aussi, un autre houx devient très populaire, le
houx verticillé (Ilex verticillata, eh oui, «notre» houx!), produit par
les Hollandais. Malgré l'absence de feuilles, les tiges garnies généreusement d'attrayantes baies rouges
font merveille dans les arrangements floraux.
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