 Petite histoire piquante du temps des fêtes
Quelle plante représente le plus le temps des fêtes de Noël et du Nouvel An?
Serait-ce le houx?
Vous n'êtes pas tout à fait d'accord? Vous pensiez peut-être au poinsettia ou au sapin de Noël?
Regardez autour de vous en cette période particulière de l'année : quelle est la plante la plus dessinée sur les
affiches, les cartes de souhaits, la plus reproduite en objets décoratifs?
Vous verrez du houx représenté partout.
Son histoire connue remonte aux grands peuples de l'Antiquité, époque où le langage des fleurs a
atteint son apogée. Il était alors coutume de décorer les maisons, les autels, de s'orner soi-même ou de
remercier les personnes chères par des compositions florales de verdure et de fleurs comportant un
message. Chaque plante avait une signification symbolique et la combinaison de différentes plantes
résultait en un message. L'arrangement floral avait généralement la forme d'une guirlande ou d'une
couronne. Ainsi, chez les Romains, des couronnes de houx étaient offertes aux jeunes mariés en signe
de bons voeux et de félicitations. Pour les Grecs, le houx conférait la prévoyance.
Les Romains célébraient «allègrement» les Saturnales à la fin du calendrier romain, soit
le mois de décembre. En l'honneur de Saturne, dieu des semailles et de la culture de la vigne, ces
festivités coïncidaient avec la fin des activités agricoles et le solstice d'hiver, moment de l'année où
les jours commencent à rallonger. Il était alors de bon ton d'envoyer des présents garnis de houx à ses
amis. Voilà d'où nous viendrait, estiment les historiens, la coutume de l'utilisation du houx au temps
des fêtes en signe de bienveillance.
Le houx est aussi depuis fort longtemps un symbole sacré. Les druides, ces prêtres des Celtes et
des Gaulois, croyaient que le soleil ne quittait jamais les plants de houx (le houx d'Europe ne perd pas
ses feuilles en hiver comme la majorité des plantes). En décorant les habitations de branches de houx,
les esprits de la forêt pouvaient y trouver refuge pendant les rigueurs de l'hiver. Le houx était donc
une plante sacrée. Dans la langue anglaise, le houx se dit «holly» et l'on croit que ce mot
résulterait de la déformation du mot «holy» (saint).
Plus d'une superstition et croyance émaillent l'histoire du houx. Les anciens Européens croyaient
que par ses feuilles épineuses, le houx repoussait les mauvais esprits, entre autre les sorcières et
les foudres du ciel. Étrangement, on retrouve aussi cette croyance chez certains Amérindiens de l'est
de l'Amérique du Nord qui plantaient du houx près de leurs habitations. Ils avaient de plus découvert
une méthode de séchage des baies qui en préservait toute la brillance et la rondeur. Elles servaient à
la décoration des vêtements et des cheveux ainsi que de monnaie d'échange avec d'autres peuplades où le
houx ne poussait pas à l'état naturel. Des rameaux de houx peints sur des objets ou brodés sur des
vêtements étaient signe de chance. Pour les guerriers amérindiens, la plante entière avait force de
symbole : la rigidité de son bois représentait leur résistance, les épines leur férocité, et la
longévité des feuilles, leur courage face à l'ennemi.
|