Les quatre types de taille
La taille de formation
Elle débute dès la plantation et se poursuit durant une dizaine d’années. Il faut sélectionner et conserver
quelques branches principales afin de former la structure de base de l’arbuste. Pour les lilas à fort
drageonnement, comme S. vulgaris et S. x hyacinthiflora, conservez 8 à 12 branches principales bien
orientées et éliminez régulièrement tous les autres drageons. Lorsque l'arbuste atteint environ 3 m de hauteur, passez à la taille d'entretien.
La taille d'entretien
La taille d'entretien consiste, dans un premier temps, à éliminer le bois mort et cassé, les branches trop
basses (à moins de 30 cm du sol), trop courbées ou trop rapprochées, celles qui se croisent ou qui traversent l’arbuste (fig. 1).
Elle permet aussi de rajeunir l’arbuste en éliminant à chaque année une partie des branches dépérissantes,
trop vieilles ou de faible vigueur. Le remplacement des branches principales est assuré par des drageons qui se forment à chaque
année à la base de l’arbuste; il faut sélectionner les plus vigoureux et éliminer ceux qui sont superflus. L'élimination graduelle des branches
ne dégarnit pas l'arbuste de façon très radicale et, comme les nouveaux drageons peuvent prendre jusqu’à cinq ans pour fleurir, ceci permet
d’obtenir une floraison annuelle malgré la taille. À noter que pour les plants greffés, il est important de ne conserver que les branches émises
au-dessus du point de greffe.
Certains lilas, tels les S. vulgaris, sont plus susceptibles d’être attaqués par la sésie du lilas, un insecte ravageur
qui se loge dans les branches d'un diamètre de 2,5 cm ou plus. En enlevant régulièrement les branches de fort diamètre pour conserver
plusieurs branches de plus faible diamètre, les risques de dommages par cet insecte sont diminués. Par contre, pour les espèces produisant
peu de drageons et moins susceptibles aux attaques de la sésie (notamment S. x prestoniae), il faut conserver les grosses branches à
moins qu’elles ne montrent des signes évidents de dépérissement.
Finalement, la taille d’entretien permet de contrôler l’étalement des arbustes trop vigoureux et d’éclaircir le centre
des arbustes pour laisser pénétrer la lumière. À chaque année, lors de cette taille, il est possible d’enlever jusqu’à 25% de la charpente d’un
lilas s’il est en bonne santé.
La taille d’entretien est essentielle pour maintenir un lilas vigoureux. Sans celle-ci, il dépérira après une
vingtaine d'années.
La suppression des panicules
Après la floraison, il est préférable de supprimer les panicules de fleurs fanées avant la formation des fruits,
surtout sur les sujets qui forment de grosses panicules comme c’est le cas pour les lilas S. vulgaris,
S. x hyacinthiflora, et S. x reticulata. La formation de fruits, peu esthétiques, draine inutilement les réserves nutritives de la plante. Par
contre, pour les lilas qui forment de plus petites inflorescences, comme c’est le cas de S. x prestoniae et S. meyeri cette opération est ardue
et presque inutile. On profitera aussi de cette occasion pour éliminer les branches abîmées, malades et mal orientées.
Les bourgeons floraux des lilas se forment à l’extrémité des rameaux au cours de l’année précédente. Il faut
donc tailler juste sous les panicules une à deux semaines après la fin de la floraison (fig. 2). Tailler sévèrement
l’extrémité des branches ou tailler après la formation des bourgeons floraux réduira la floraison de l’année suivante.
La taille de rajeunissement
Certains vieux lilas, négligés et endommagés, peuvent être taillés de façon radicale. Cette taille, appelée recépage, est surtout utilisée pour
les espèces à fort drageonnement (S. vulgaris et S. x hyacinthiflora). Elle consiste à rabattre l'arbuste à une hauteur de 15 à 25 cm du sol
(fig. 3). Pour les lilas greffés, il ne faut conserver que les gourmands formés au-dessus du point de greffe. On poursuivra ensuite les tailles de
formation et d’entretien selon les méthodes décrites précédemment. Il faut compter quelques années après un recépage avant que le lilas refleurisse.
Pour les espèces qui drageonnent peu et qui forment des gourmands sur les branches principales (par exemple, S. x prestoniae), la taille
de rajeunissement, si nécessaire, devrait se faire progressivement sur deux à trois ans. Ceci permet alors de rabattre graduellement les branches principales.
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