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La nomenclature des plantes
Les maux de la nomenclature vernaculaire
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Établissons tout d'abord la différence entre le nom vernaculaire (ou nom commun) et le nom
scientifique français ou anglais.
Le nom vernaculaire tient largement du folklore, prend la couleur
locale d'un lieu et est, la plupart du temps, imagé : voilà donc un moyen facile de retenir des noms de
plantes. Pensez aux «queue de renard», «poil de souris», «barbe de chèvre»,
«parfum de vieux garçon»,
«brosse à dents», «tête d'âne», «pied d'éléphant», «sabot de Vénus»,
«oreille de rat», «gants de Notre-Dame»,
etc.
Le nom scientifique français ou anglais est la traduction littérale du nom latin. Prenons
l'exemple du Delonix regia, ce magnifique arbre tropical qui se couvre de fleurs écarlates en mai et en
juin. N'est-il pas plus poétique de parler du «flamboyant», comme dans les Antilles françaises, que du
«delonix royal»?
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Cependant, un des côtés pernicieux de l'utilisation exclusive du nom vernaculaire est justement
cette «couleur locale».
Avez-vous déjà offert une pointe de tarte aux «bleuets» à votre ami français
de passage au Québec? Alors qu'ici le bleuet est le fruit du Vaccinium angustifolium, en France
on parle plutôt d'une jolie fleur des champs en friche, le Centaurea cyanus.
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Une autre mauvaise note pour
les noms vernaculaires est leur absence ou leur prolifération. Il faut considérer qu'une plante se
verra attribuer un nom vernaculaire si elle fait partie du quotidien d'un peuple. Ainsi, une plante
commune en Chine aura probablement un nom vernaculaire chinois, mais n'en aura ni en français, ni en anglais.
Suivant la même logique, une plante ni ornementale ni économique n'aura pas nécessairement de nom vernaculaire.
À l'opposé, certaines plantes en possèdent une ribambelle : ainsi Arctium minus se voit donner
les noms de petite bardane, amoureux, rhubarbe du diable, pipiques, piquants, herbe aux teigneux, etc.
Finalement, plusieurs plantes très ornementales possèdent simplement comme nom vernaculaire, leur nom
latin de genre, quelquefois francisé : les bégonias, les iris, etc.
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Les règles à suivre...
Dans cette jungle «nomenclaturale», il y a quelques règles élémentaires à suivre pour survivre :
se fier avec circonspection aux noms latins, se défier des «variétés» de tout acabit, se méfier des noms
vernaculaires traditionnels ou inventés de toute pièce et, en dernier recours... consulter régulièrement
son taxonomiste, ou du moins les quelques sources qu'il considère comme ses «bibles»!
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