Les sarracénies (Sarracenia)
Les représentants du genre Sarracenia sont tous caractérisés par des feuilles modifiées en trappes ou
vases, servant à la capture d'insectes. Ces trappes montrent cependant une grande variété de formes à
l'intérieur du genre, indiquant par le fait même une variété aussi grande de techniques de capture.
La plupart sont en forme de trompette dressée, surmontée d'un lobe, l'opercule, qui préviendrait, entre
autres, la dilution par la pluie du contenu digestif de l'urne. Un autre lobe, l'aile, longe l'extérieur à
partir du col de l'urne jusqu'à sa base. Surmontant une longue hampe, la fleur solitaire pentamètre, de
couleur jaune, rosée ou pourpre, est tout à fait singulière ; elle possède un pistil en forme de parapluie
renversée qui assure la pollinisation croisée.
On reconnaît généralement 8 espèces à l'intérieur du genre; elles sont toutes restreintes au sud-est des
États-Unis sauf une qui atteint la région arctique du Canada, Sarracenia purpurea, l'une des plantes les plus
remarquables de nos tourbières québécoises. Son apparence est très différente de celle des autres espèces :
les urnes, réunies en rosette, sont courbées, ressemblant plus à des cornets acoustiques qu'à des
trompettes. Contrairement aux autres espèces du genre, son opercule est dressé, et la pluie y tombe
librement. De même, l'ouverture est comparativement beaucoup plus large que chez les autres Sarracénies.
Cet aspect général différent reflète bien la méthode de capture particulière à la Sarracénie pourpre.
Le piège
L'extérieur de la trappe, en plus de son rôle photosynthétique, attire les proies grâce à sa coloration
vive et au nectar sécrété par des glandes présentes partout à sa surface. L'intérieur de l'une est divisé en
5 zones ; chacune d'elles possède une fonction particulière.
La zone 1 comprend la surface interne de l'opercule. On y trouve des glandes
nectarifères et des poils pointant vers le bas.
La zone 2 forme un anneau d'une largeur d'environ 1 cm, avec en son centre, le col de la
trappe. Une énorme quantité de glandes nectarifères s'y trouve, donnant un aspect brillant à cette zone.
La surface est étroite et glissante ; les insectes s'y maintiennent difficilement. Alors que la limite entre
les zones 1 et 2 est très nette, celle entre les zones 2 et 3 est imprécise ; la transition se fait
graduellement.
La zone 3 occupe toute la moitié supérieure de l'urne sous la zone 2. Sa surface cireuse
est couverte de glandes ; ces dernières sécrétant un liquide contenant des enzymes digestifs.
La zone 4, qui atteint presque le fond de la trappe, comprend une surface dépourvue de la
cuticule qui couvre normalement les cellules épidermiques: ceci facilite l'absorption des substances
à travers la paroi. De longs poils raides, courbés vers le bas, empêchent la fuite des insectes pris
au piège.
La zone 5, plutôt réduite, se trouve au fond de l'urne. Elle n'a pas de poils et possède
une cuticule. Son rôle est encore mal connu.
Sarracenia purpurea
Chez Sarracenia purpurea, l'eau de pluie forme, dans la zone 4 et 5, une réserve atteignant un niveau
variable. C'est dans cette eau que les proies se noient. La digestion dépend largement de l'activité
bactérienne dans le liquide, les enzymes sécrétés par la plante étant trop dilués pour être suffisamment
efficaces. Une fois digérés, il ne reste des insectes que les parties dures comme l'exosquelette ; celles-ci
forment dans le fond de la fosse un amoncellement de débris facilement observable lorsque l'on déchire la
feuille jusqu'à la base.
Sarracenia purpurea Linné
Genre dédié par Tournefort à son collaborateur, un médecin du Roi du Québec, Michel Sarrazin, qui lui envoya
un spécimen en France (Barabé et Bouchard, 1977) ; l'épithète purpurea signifie pourpre.
Nom commun
Sarracénie pourpre, Petits cochons, Oreille de cochon, Herbe-crapaud.
Nom anglais
Northen Pitcher Plant.
Description
Feuilles en cornets, réunies en rosette. Fleur solitaire pourpre, sur une hampe d'environ 30 à 60 cm de
longueur. Floraison printanière.
Habitat
Au Québec on la trouve dans les tourbières à sphaignes, très acides. Cependant, il semble que l'acidité ne
soit pas une exigence particulière de la plante puisqu'elle habite aussi les marécages alcalins de marne
de la région des Grands Lacs.
Distribution au Québec
Générale, même au nord.
Distribution mondiale
Est de l'Amérique du Nord.
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