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  Les algues Niveau intermédiaire

Q. : Bonjour !

Je m'intéresse aux algues.

Comment elles naissent ?
Comment elles se reproduisent ?
Comment distingue-t-on le mâle de la femelle ?
Ont-elles des ennemis ?
Est-ce que ça se mange ?
Combien y a-t-il de sortes d'algues ?

Je fais un travail scolaire à ce sujet.

Jasmin, 11 ans, 3e cycle du primaire, Grand-Mère (Québec)


Q. : Bonjour !

Mon fils de 7 ans fait une recherche sur les algues marines à l'école il aurait besoin d'information sur le sujet.

Pouvez-vous nous aider ?
Merci à l'avance !

Guylaine, parent, Brossard (Québec)

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R. : Bonjour Jasmin et Guylaine !

Batture du fleuve Saint-Laurent, au parc du Bic Merci d'avoir pensé poser vos questions au J@rdin des jeunes branchés du Jardin botanique de Montréal.

Il faudrait tout un livre pour donner toute l'information au sujet des algues, et même encore !

Les algues sont des plantes qui n'ont ni fleurs, ni feuilles, ni racines. C'est ce qui les distinguent des plantes aquatiques.

Les algues sont à la base de la chaîne alimentaire des écosystèmes marins. Elles forment aussi des habitats qui accueillent de nombreuses espèces animales, leur offrant un abri, un site de reproduction ou une surface sur laquelle se fixer.

Comme toutes les plantes, les algues ont besoin de lumière pour croître. Elles fabriquent leur nourriture par la photosynthèse en utilisant la lumière du soleil, le gaz carbonique et l'eau de mer. Au cours de ce processus, les algues libèrent de l'oxygène dont les animaux ont besoin pour survivre.

Mais toutes les algues ne sont pas vertes : certaines possèdent d'autres pigments qui masquent la chlorophylle et les colorent de rouge, de brun ou d'ocre.

Algue rouge Selon la présence de ces pigments, on les divise donc en trois grands groupes : les vertes, les brunes et les rouges.

La diversité des pigments trouvée chez les algues reflète la diversité des conditions lumineuses qui caractérisent le milieu marin.

Les algues vertes poussent souvent dans l'eau près des côtes rocheuses ; les algues brunes sont plus éloignées des rivages, et les algues rouges se développent dans les eaux peu profondes non loin des côtes.

Lors des tempêtes, ces trois sortes d'algues sont rejetées vers les flaques, près du rivage ; elles y servent de nourriture et de gîte à de nombreux animaux.

Elles se reproduisent en libérant des cellules mâles qui s'accouplent à des cellules femelles. Il faudrait un microscope pour les distinguer. Elles produisent des spores, et non des graines, qui s'établissent sur les rochers et qui forment de nouvelles algues. Les plus jeunes sont souvent dévorées par les moules et autres mollusques.

Batture du fleuve Saint-Laurent, au parc du Bic Les algues n'ont pas de racines, mais un crampon qui les arrime au rocher. Il produit une substance visqueuse, l'acide alginique, qui joue le rôle de colle. Le crampon est si fortement attaché au rocher que les grosses vagues ne parviennent pas à l'arracher, même lorsqu'elles déchirent le thalle (la «tige»). Les plantes marines ne pourraient s'accrocher à ces rochers et ont besoin de coloniser des milieux calmes, sableux ou vaseux. À la différence des plantes marines qui puisent les sels nutritifs du sol par leurs racines, les algues absorbent les sels nutritifs par la surface de leur corps.

Les algues produisent un mucus visqueux qui les empêche de se déssécher lors du reflux de la marée.

Certaines algues possèdent des frondes flotteurs Les «bulles» du varech jouent le rôle de flotteurs. Comme des bouées de sauvetage, elles permettent aux frondes de se maintenir à la surface de l'eau pour capter la lumière du soleil, nécessaire à la photosynthèse.

Au Canada, on récolte commercialement certaines algues, dont la mousse d'irlande. On en extrait un composé gélifiant incorporé aux produits laitiers et cosmétiques, la carraghénine.

Depuis longtemps, les populations qui habitent les bords de mer consomment dans leur alimentation les algues. Pensez aux algues qui entrent dans la préparation des sushis japonais !

Ici même, au Québec, certaines espèces non commercialisées sont comestibles, comme la dulse, l'ulve et les porphyres.

Dans l'estuaire du fleuve Saint-Laurent, dans la zone de transition entre la fleuve et le golfe du Saint-Laurent, l'eau salée se mêle graduellement à l'eau du fleuve. C'est là que l'on retrouve de nombreuses espèces d'algues, couvrant les rochers et parfumant l'air d'odeurs iodées.

Algue Si vous désirez en apprendre davantage sur les algues marines du Québec, je vous invite à lire un intéressant article de la biologiste Anne Rossignol qu'elle a fait paraître dans la revue des Amis du Jardin botanique, le Quatre-temps, en juin 2003 (volume 27, no 2, pp. 44-47). La même année, Anne Rossignol a aussi co-écrit avec Robert Chabot le livre Algues et faune du littoral du Saint-Laurent maritime: guide d'identification (Institut des sciences de la mer de Rimouski).

Outre ces références, j'ai consulté pour vous répondre un petit livre de vulgarisation écrit en 1993 par Christiane Gunzi dans la collection Gros Plan des Éditions du Seuil : La Marée basse: La nature vue de près à marée basse.

Peut-être une bibliothèque publique de votre région possède-t-elle l'un ou tous ces documents.

Espérant que ces informations vous seront utiles.
Bon travail !

Céline (bibliothécaire et botaniste)

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