Q.: Bonjour !
Quels sont les arbres, les plantes, etc. qui causent le plus d'allergies ?
Quelles sont les allergies autres que respiratoires ?
Sarah-Jeanne,
12 ans, 1er cycle du Secondaire, Carignan (Québec)

Q.: Bonjour !
J'ai frôlé une plante dans la forêt et j'ai eu une réaction instantanée : une forte sensation de brûlure et de très petites cloques
sont apparues sur ma main.
Ma mère a dit que c'était peut-être de l'herbe à la puce.
J'aimerais bien savoir si c'était cette plante ou une autre afin de prévenir d'autres problèmes d'allergies.
Hugo,
12 ans, Montréal
R.: Bonjour !
Dans une réponse précédente, nous avons abordé les allergies respiratoires causées par les plantes.
Nous réserverons les allergies alimentaires pour une autre réponse.
Cette fois-ci, nous allons aborder les plantes qui causent des réactions cutanées, c'est-à-dire sur la peau.
On appelle ces réactions des phytodermatites.
Les causes peuvent en être des allergènes. La plante, de par sa forme ou texture, peut aussi entraîner une réaction d'irritation,
comme le fait de se faire égratigner par un objet.
Il existe plusieurs types de phytodermatites :
- Phytodermatite allergique
- Photophytodermatite
- Dermatite de contact irritative
- Traumatisme mécanique
Il existe plus de 300 000 espèces de plantes très diversifiées dans leur forme et leur composition chimique.
Les plantes sont inoffensives pour la plupart mais certaines causent des irritations légères ou sévères. Somme toute, on ne distingue qu'un
petit nombre de familles
botaniques qui contiennent des poisons spécifiques. L'exposition accrue à des bois exotiques et à des huiles essentielles
cause l'émergence de dermatite de contact.
Phytodermatite allergique
Les allergies cutanées sont causées par un contact avec une plante ou une partie d'une plante.
Comment reconnaître une phytodermatite allergique d'un autre type de dermatite ?
La majorité des gens sont allergiques à
l'herbe à la puce.
Toutefois, quelques personnes ne montrent aucune réaction.
C'est la preuve qu'il s'agit d'une allergie. Pour en savoir plus sur l'herbe à la puce, on recommande de lire la
fiche d'information du site principal du Jardin botanique.
Dans un cas d'allergie, on peut identifier quel est le composé chimique de la plante qui déclenche la réaction allergique chez les sujets sensibles.
Chez l'herbe à la puce (Toxicodendron radicans), c'est l'urushiol.
Comme pour les allergies respiratoires, la réaction allergique est plus ou moins virulente selon les individus.
Une oxydation est une réaction chimique par laquelle l'oxygène réagit avec d'autres substances.
Chez certaines plantes, en présence d'oxygène,
les composés chimiques des huiles essentielles s'oxydent en formant des résines.
Le mélange naturel de l'huile essentielle avec la résine forme des oléorésines.
Les irritations sont généralement causées par ces oléorésines.
La réaction allergique peut être déclenchée par un contact direct avec la plante, par un contact indirect (soit par l'intermédiaire
d'un objet qui aurait touché à la plante)
ou par la fumée.
Les allergènes sont des molécules complexes qui causent une réaction inflammatoire, mais celle-ci nécessite une sensibilisation
antérieure. Plus on touche à la plante, plus on risque de devenir allergique !
Voici des familles ou des groupes de plantes avec certains de leurs représentants qui sont parmi les plus connus causant des allergies cutanées
- Anacardiacées : Herbe à la puce (Toxicodendron radicans), pelure de la mangue (Mangifera indica), pelure de la noix d'acajou (Anacardium occidentale)
- Ginkgoacées : fruit du ginkgo (Ginkgo biloba)
- Primulacées : primevères (Primula)
- Liliacées : tulipes (Tulipa)
- Alstroemeriacées : Lis du Pérou (Alstroemeria)
Parmi les arbres indigènes et exotiques, on note de nombreuses espèces dont le bois et/ou la sève sont allergènes : Sapin (Abies), épinette (Picea),
pin (Pinus), pruche (Tsuga), aulne (Alnus), bouleau (Betula), chêne (Quercus), frêne (Fraxinus), etc.
Même certains lichens causent des dermatites souvent injustement attribuées au contact avec le bois
chez les travailleurs forestiers.
Certaines personnes peuvent aussi montrer des réactions allergiques à la suite d'un contact avec un extrait d'une plante. Ainsi,
la «mousse du chêne», appréciée pour son odeur «masculine», est souvent utilisée dans l'eau de Cologne
et des lotions après rasage. Mais c'est là l'une des premières plantes (en fait, il s'agit d'un lichen) à laquelle on soumet ceux qui présentent
des problèmes d'allergies alors que les utilisateurs de Cologne ne soupçonnerait jamais l'extrait de la plante comme le coupable.
Photophytodermatite
On définit une photophytodermatite (ou phytophotodermatite ou photophytodermatose ou «dermite des prés»)
comme une réaction cutanée causée par le contact avec une plante suivi d'une exposition au soleil.
La photosensibité n'est pas une réaction allergique mais une réaction à des substances chimiques suite à un simple
contact ou à une ingestion.
Ce type de réaction présente des symptômes similaires et souvent confondus avec à l'herbe à la puce :
cloques, rougeurs, oedèmes, enflures. Les rougeurs apparaissent en 24 heures et peuvent persister pendant des mois.
La sévérité de la réaction dépend de plusieurs facteurs : le taux d'humidité sur la peau, la quantité ingérée ou
présente sur la peau, l'intensité de la radiation et la durée de l'exposition.
- Plantes phototoxiques après ingestion :
- Millepertuis (Hypericum), Chou gras (Chenopodium album)
- Plantes phototoxiques après contact :
-
Apiacées : Aneth (Anethum graveolens), angélique (Angelica), céleri (Apium graveolens),
carotte (Daucus carota), fenouil (Foeniculum vulgare), anis (Pimpinella anisum),
panais sauvage (Pastinaca sativa), berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum),
tagète (Tagetes)
- Moracées : Figuier (Ficus carica)
- Rutacées : Rue (Ruta graveolens), lime (Citrus), fraxinelle (Dictamnus)
Dermatite de contact irritative
Ici, il ne s'agit pas d'une réaction allergique.
Les composés qui causent la dermatite causée par le contact avec une plante irritante sont non sélectifs : ils affectent tout le monde pour
autant que la concentration soit suffisante.
Les symptômes sont similaires à une brûlure causée par un produit chimique. Les responsables en sont des substances chimiques
irritantes présentes généralement dans la sève.
Voici des familles ou des groupes de plantes avec certains de leurs représentants qui sont parmi les plus connus causant des dermatites de contact irritatives
-
Aracées : Philodendron, dieffenbachia. Les cristaux d'oxalate de calcium causent une brûlure instantanée et une sensation d'engourdissement, particulièrement sur la langue.
- Amaryllidacées et Liliacées : jonquille (Narcissus), jacinthe (Hyacinthus)
- Brassicacées : Moutarde (Brassica nigra), radis (Raphanus sativus), raifort (Armoracia rusticana)
- Euphorbiacées : Croton (Codiaeum variegatum), euphorbes (Euphorbia), ricin (Ricinus communis)
- Renonculacées : anémone (Anemone), clématite (Clematis), bouton d'or (Ranunculus)
- Urticacées : ortie (Urtica) et laportéa (Laportea)
Souvent, comme pour l'ortie, la plante possède une tige et/ou des feuilles couvertes de poils rigides et cassants
qui percent la peau en injectant un fluide irritant. La réaction est bien souvent immédiate !
Et ce, contrairement à l'herbe à la puce ou au panais sauvage qui ne provoquent des réactions que plusieurs heures après le contact.
Traumatisme mécanique
On parle de traumatisme mécanique quand les irritations ou les lacérations sur la peau sont causées par des
feuilles coupantes, des épines ou des piquants.
Dans certains cas, les irritations sont alors la porte d'entrée de
bactéries et de champignons qui causent à leur tour des irritations ou des inflammations très lentes à guérir (comme chez les rosiers ou les aubépines).
Quelques conseils aux jardiniers et aux promeneurs
Plusieurs hypothèses sont donc à vérifier quand on pense souffrir d'une dermatite causée par une plante.
La première est celle d'être effectivement allergique à une plante. La réaction engendrée provoque-t-elle
des symptômes similaires à ceux de l'herbe à la puce ?
La deuxième est à savoir si on a été en contact avec une plante potentiellement responsable des symptômes
sans toutefois l'identifier.
Dans le cas où l'on doive retourner sur les lieux, il est nécessaire d'observer avec prudence quelles sont les plantes présentes.
On peut aussi tenter d'identifier les constantes : À quelle période de l'année les symptômes apparaissent-ils ?
Est-ce toujours à
la suite d'une promenade dans un endroit précis ? Un animal domestique fait-il partie de la famille ? En effet,
en se promenant dans l'herbe à la puce, il pourrait bien transférer l'huile essentielle aux autres membres de la maisonnée.
En dernier recours, on peut nous contacter via le
formulaire du site principal en nous donnant le plus grand nombre de détails,
ainsi qu'une ou plusieurs photos, afin de tenter l'identification de la plante «coupable».
La meilleure prévention est de savoir reconnaître les plantes les plus communes susceptibles de causer des problèmes !
Nous en parlerons dans une prochaine réponse.
Traitement
On se lave rapidement la peau dès que l'on pense avoir touché à une plante qui fait partie des plantes potentiellement dangereuses.
On peut demander au pharmacien une crème contre les démangeaisons. Sinon, un traitement pour dermatite de contact par
un dermatologue devrait convenir dans la plupart des cas.
Il faudrait également apprendre à éviter la plante et/ou à la manipuler avec soin.
Rarement, dans le cas de réaction violente, on doit recourir à des médicaments plus forts et même à l'hospitalisation.
J'espère que toutes ces informations vous seront utiles.
Céline (botaniste et bibliothécaire)
[Un merci tout particulier à l'équipe des Renseignements horticoles pour le partage d'information.]