Q.: Bonjour !
Je trouve que le Jardin botanique est vraiment un endroit passionnant, car j'adore la nature !
Au cours de septembre et octobre, plusieurs arbres de l'Arboretum changent de couleurs puis leurs feuilles tombent.
Pourquoi ces feuilles tombent-elles à l'automne ?
Ding Yuan,
12 ans, 3e cycle du primaire, Montréal
Q.: Bonjour !
Je fais un travail scolaire avec mon ami François et nous voudrions savoir exactement pourquoi les feuillus
perdent leurs feuilles en automne.
Merci.
Kevin,
11 ans, 3e cycle du primaire, Pierrefonds (Québec)
Q.: Salut !
Pourquoi les arbres à feuilles caduques perdent-ils leurs feuilles en hiver ?
Merci !
Mickael,
14 ans, Saint-Paul (France)

R.: Bonjour !
Merci d'avoir visité le J@rdin des jeunes branchés du Jardin
botanique de Montréal.
Les arbres à feuilles caduques des régions tempérées perdent leurs feuilles en hiver à la suite d'une adaptation
pour mieux survivre à l'hiver.
Les arbres feuillus des régions tempérées, tels que les érables, ne meurent pas en automne, malgré que les jours plus courts et la
température qui se rafraîchit annoncent la venue de l'hiver.
Comme le site principal du Jardin botanique l'explique au sujet de la
coloration automnale, la chute des feuilles chez les feuillus est liée au même phénomène qui provoque les changements de couleurs des feuilles en automne. Alors que la couleur automnale est l'indice visible que le phénomène se produit, la chute des feuilles en est le but visé.
Les nuits froides et les jours courts stimulent la production d'éthylène, une hormone responsable de la chute des feuilles.
Dans une réponse sur le mûrissement de la banane, nous avons déjà expliqué les rôles de
l'éthylène.
Au signal de la production d'éthylène, il se forme alors un bouchon de liège au début du pétiole qui provoque la mort de la feuille
qui tombe sans que l'arbre soit blessé, puisqu'il est déjà cicatrisé. On appelle ceci le processus d'abscission. La zone
d'abscission est celle formée par les cellules à la base du pétiole. Cette zone laisse place à des tissus composés de subérine (le «bouchon de liège»)
qui bloquent tout passage d'eau et de minéraux
avec le reste de l'arbre.
Ainsi privées de sève, les feuilles meurent, l'arbre lui-même ayant amorcé ce phénomène.
La chute des feuilles est donc une adaptation des plantes pour leur survie.
Elle est une caractéristique des climats tempérés,
bien que certains arbres feuillus des régions plus chaudes perdent leurs feuilles aussi, mais pas dans le même contexte.
Dans nos régions, la chute constitue une protection de la végétation contre l'agression des températures hivernales pour les
arbres à feuilles caduques (ou arbres décidus).
Caduc (au féminin caduque) se dit de feuilles
qui ne demeurent pas au-delà d'une saison de végétation sur un végétal qui vit plus de deux ans (Grand Dictionnaire terminologique).
Le terme décidu s'applique aux arbres qui renouvellent leur feuillage chaque année, par opposition aux arbres résineux
à aiguilles généralement persistantes.
Durant l'hiver, le sol est gelé. L'eau qui s'y trouve est aussi gelée et n'est pas accessible aux racines pour
que ces dernières puissent la rendre disponible à l'arbre. L'arbre doit maintenir
un rythme de vie au ralenti.
De plus, les feuilles sont des usines à photosynthèse : alors que le soleil est toujours disponible,
l'eau ne l'est plus ; ne plus avoir de feuilles permet donc à l'arbre d'économiser son énergie. Enfin, les cellules fragiles
des feuilles soumises au grand froid verraient leur contenu liquide se cristalliser (cristaux de glace). Le résultat serait vraiment
dommageable pour l'arbre. Les feuilles mourraient de toute façon mais en laissant une plaie toute fraîche à chaque endroit
où les feuilles étaient attachées.
Le vent emporte facilement les feuilles presque détachées, offrant moins de résistance aux tempêtes de l'automne.
Enfin, les feuilles représentent un poids non négligeable lorsque l'arbre se couvre de neige ou de glace.
Ce poids deviendrait un fardeau physique sur le tronc et les branches et ces derniers pourraient alors facilement se briser.
Les troncs et les branches sont mieux développés pour
survivre au froid mais il arrive quand même que le froid les endommage.
Certains arbres ou arbustes feuillus ont des feuilles persistantes (le houx par exemple), mais ces feuilles ont entre autre des cuticules
(la couche protectrice des feuilles) très épaisses et protectrices. |
Certains conifères, comme le mélèze, perdent leurs aiguilles et ont donc des adaptations similaires aux arbres feuillus décidus. |
Cette nature caduque (les feuilles tombent) est le facteur même de la survie et de la beauté de nos forêts, de leur diversité floristique et du charme de la succession des peuplements végétaux au fil des saisons.
L'influence de la perte des feuilles se répercute aussi sur le type de végétation herbacée au sol dans les forêts caducifoliées.
L'érablière au printemps, par exemple, est riche de plantes au sol, alors que les rayons du soleil sont captés par la flore printanière devenant ombragée par la cime des arbres plus tard en été.
Dans les pays plus chauds, les arbres qui perdent leurs feuilles le font durant la période de sécheresse.
C'est toutefois un peu le même principe : alors que tu pourrais penser que l'hiver, avec toute sa neige,
est une saison «humide», c'est en fait une saison «sèche» en écologie, puisque l'eau n'est pas disponible.
J'espère que toutes ces informations seront utiles.
Céline (botaniste et bibliothécaire)
Février 2007