Q.: Bonjour !
Je dois faire un dossier sur les peupliers pour l'école.
Si vous avez des informations, ce serait gentil de me les envoyer. Un grand merci.
Jérôme,
13 ans,
Mouscron (Belgique)

Q.: Bonjour !
Comment se reproduisent les peupliers deltoïdes, est-ce de de façon asexuée?
Chloé,
13 ans, Sainte-Julie (Québec)

Q.: Bonjour !
J'habite le quartier Villeray, et nous avons plein de petites mousses qui se promènent dans l'air.
Ça ressemble au fleurs blanches de pissenlits, mais c'est plus gros.
Jackie
(parent), Montréal

Q.: Bonjour !
J'aimerais savoir quel est l'arbre qui produit toute «la mousse» ou le pollen, qui ressemble à de la neige et qui est présent ces temps-ci partout au Québec.
Philippe
Montréal
R.: Bonjour !
Il existe de nombreuses espèces de peuplier qui appartiennent toutes au genre scientifique Populus.
Il nous est difficile de donner des informations pour un sujet si large. De plus, les espèces européennes ne sont pas nécessairement les mêmes qu'au Québec.
Nous recommandons de faire une recherche sur une espèce. C'est le cas du peuplier deltoïde, ou Populus deltoides de son nom scientifique en latin. C'est un arbre de la famille des Salicacées
donc un proche parent du saule (Salix).
Parce que cet arbre se trouve de façon naturelle au Québec, on peut lire sa description dans l'ouvrage du frère Marie-Victorin intitulé la Flore laurentienne:
Grand arbre (le plus grand du genre) pouvant atteindre 50 mètres; feuilles glabres, largement deltoïdes-ovées, abruptement acuminées au sommet, crénelées-serrées, tronquées à la base; pétiole aplati latéralement, à peu près aussi long que le limbe.
La floraison est antérieure à la feuillaison, donc les fleurs apparaissent avant les feuilles, au printemps.
Le peuplier se reproduit par ses fleurs, son mode de reproduction est donc sexué. Tous les peupliers
sont des arbres à fleurs dioïques: les fleurs
mâles et femelles se retrouvent sur des arbres différents.
Les fleurs sont très nombreuses, petites, portées en épis simples, c'est-à-dire des «chatons» mesurant 5 à 7 cm de
long.
Les peupliers deltoïdes possèdent des fleurs mâles (qu'on appelle staminées) et des fleurs femelles (qu'on appelle pistillées).
Les fleurs staminées (à gauche) sont munies de bractées et portent de 4 à 60 étamines. Elles sont régroupées en chatons qui ressemblent à de petits cônes.
Les fleurs pistillées (à droite) possèdent
un ovaire sessile (qui ne bouge pas) et un style court terminé par 2 à 4 stigmates.
Les fleurs, qu'elles soient mâles ou femelles,
ne possèdent pas de pièce de périanthe (sépales et pétales). Ces termes sont expliqués sur la page des parties de la fleur.
Pour voir des photos de ces fleurs et davantage de photos sur cet arbre, visite une
page dédiée au peuplier deltoïde par l'Université Vanderbilt.
Les fleurs sont anémophiles, c'est-à-dire que le pollen est dispersé par le vent.
Les fruits se développent sur les chatons des fleurs femelles pollinisées. Ils mesurent 15 à 25 cm
de longueur. Ces fruits sont des capsules d'environ 1 cm de long et qui s'ouvrent en 3 ou 4 valves.
La graine est légère et l'aigrette qui l'accompagne lui donne la mobilité de s'envoler au vent.
Ce mode de dispersion s'appelle anémochorie.
Ce sont les aigrettes et les fruits des peupliers qui s'envolent à Montréal telle de la neige en juin.
Et ce sont eux qui s'accumulent en « mousse blanche » le long des trottoirs
où poussent à proximité des peupliers. En anglais, le peuplier deltoïde porte bien son nom de cottonwood (bois de coton),
même si ce n'est pas cet arbre qui produit la fibre de coton.
Comme nous l'avons expliqué dans une réponse sur les plantes provoquant des allergies respiratoires,
ce ne sont pas ces fruits qui causent des problèmes de rhinite, mais le pollen émis par les fleurs mâles quelques semaines auparavant.
Le peuplier deltoïde produit aussi des drageons (des rejets) à partir de ses racines. Un drageon est une tige se développant à partir d'un bourgeon naissant sur une racine. Une fois établis, ces rejets peuvent se séparer de l'arbre et devenir d'autres arbres.
On appelle ce type d'adaptation de la multiplication ASEXUÉE (contrairement à la reproduction sexuée qui fait appel aux fleurs).
J'espère que ces renseignements seront utiles.
Céline (botaniste et bibliothécaire)