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Les vedettes du Jardin botanique de Montréal

Les Cycadées

Encephalartos

Encephalartos villosus Les Encephalartos (Famille: Zamiaceae) possèdent une tige simple, souterraine ou aérienne qui, dans certains cas, peut atteindre une hauteur de 10 mètres ou plus. Les espèces à tige souterraine ont des racines tubérifiées qui représenteraient une adaptation climatique puisqu'elles ne possèdent pas de tige capable d'entreposer des réserves d'eau. Les Encephalartos forment des racines aériennes dans lesquelles se trouvent une algue bleue nommée Anabaena. Cette association symbiotique permet aux Encephalartos d'utiliser directement l'azote de l'air.

Les feuilles pennées sont formées d'un rachis principal portant plusieurs folioles à nervures parallèles, dont la forme, le contour et la couleur peuvent varier d'une espèce à l'autre. Ces caractères jouent d'ailleurs un rôle dans l'identification des différentes espèces. Quand la plante est mature, les feuilles paraissent groupées par verticilles. Le nombre de feuilles par verticille varie de 4 à 50 selon l'espèce.

Reproduction et multiplication des Encephalartos

Cône femelle d'Encephalartos villosus Les Encephalartos sont des plantes dioïques, c'est-à-dire que les organes reproducteurs mâles et femelles sont portés sur deux plantes différentes. La maturité sexuelle n'est atteinte qu'après 25 à 30 ans de croissance. Les cônes sont formés d'un grand nombre de feuilles modifiées (mégasporophylles), disposées en spirales autour d'un axe central. Chaque mégasporophylle porte deux ovules dont la taille et la couleur varient d'une espèce à l'autre. Le tégument des ovules est formé de trois parties distinctes : une couche charnue externe, généralement jaune ou orange, une couche moyenne sclérifiée et une couche interne charnue qui s'assèche et prend rapidement la texture d'une feuille de papier. Les cônes mâles, plus nombreux, sont plus petits que les cônes femelles. Les microsporophylles portent, sur la face abaxiale, des centaines de microsporanges, ou sacs polliniques, contenant des grains de pollen.

Dans la nature, les plantes doivent être suffisamment rapprochées pour que la pollinisation s'effectue. La grande quantité de pollen produit représente une adaptation à l'anémophilie, ou transport du pollen par le vent. Certains botanistes doutent que les insectes jouent un rôle dans la pollinisation des Encephalartos. Ainsi, même si on peut voir des abeilles collecter le pollen sur les cônes mâles, celles-ci ne visiteraient pas les cônes femelles. D'autres botanistes, pour leur part, semblent considérer un charançon de la famille des Curculionidae, un coléoptère, qui vit sur les Encephalartos, comme agent pollinisateur. En culture, la difficulté d'obtenir des semences est encore plus grande car les plants mâle et femelle, si on les possède tous deux, doivent produire des cônes en même temps.

Au moment de la pollinisation, l'ovule sécrète, à travers le micropyle, un liquide qui a comme fonction de capter le pollen. Chez les Gymnospermes en général et les Cycadées en particulier, plusieurs mois séparent la pollinisation (le transport du pollen jusqu'à l'ovule) de la fécondation proprement dite (l'union des gamètes mâles et femelles).

Par la suite, le développement des Encephalartos est assez direct. En effet, les Cycadées ne possèdent pas de période de dormance. Dès que la fertilisation est terminée, le processus de développement est amorcé et lorsque le cône s'ouvre et relâche ses semences, l'embryon bien développé contenu dans la graine se nourrit à même l'endosperme. Briser la couche protectrice intérieure peut soumettre l'embryon à l'humidité et aux spores fongiques, ou à la chaleur et à la déshydratation qui résulterait de celle-ci. Une période d'attente allant jusqu'à 6 mois est recommandée avant la plantation : les radicelles commencent alors à percer d'elles-mêmes l'enveloppe. L'embryon de l'Encephalartos se compose, après 6 à 7 mois, de deux cotylédons entre lesquels se trouvent la plumule et la radicelle. Les plantules ont moins de réserves d'eau que les plantes matures, elles sont donc plus sensibles à des arrosages mal contrôlées.

Il existe également des méthodes de multiplication végétative. La première consiste évidemment à séparer les drageons qui se développent à la base du tronc et qui ont leurs propres racines. L'opération doit être faite délicatement en protégeant avec un fongicide les parties blessées lors de l'incision. On peut aussi séparer les jeunes plants produits à la suite de dommages causés à la partie supérieure du tronc principal. De telles ramifications sont peu fréquentes et sont souvent confondues avec les plantules qui ont pu se développer à même la couronne de la plante mère. Cette situation durera tant qu'un choc extérieur ne détruira pas cet équilibre instable. Évidemment, on ne trouve cette dernière situation que sur les plantes femelles.

 


  Botanique Les textes de ce module proviennent d'articles de Céline Arseneault et Denis Barabé parus dans
le Bulletin de la SAJIB et le Quatre-temps, ainsi que de
textes inédits des mêmes auteurs.
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Dernière mise à jour : 2009-06-10
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