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Jardin botanique de Montréal, affichage de Cochenilles des serres
Maladies et ravageurs

Cochenilles des serres , Servant, Lise

Crédit photo : Servant, Lise

Cochenilles des serres

Nom : Cochenilles des serres

Nom latin : Aspidiotus, Coccus, Diaspis, Eriococcus, Lepidosaphes, Neolecanium, Nipaecoccus, Planococcus, Pseudococcus, Rhizococcus, Saissetia, Unaspis, Yceria, etc.

Nom commun anglais : Scales (Indoor)

Résumé :
La superfamille des cochenilles (Coccoidés) regroupe plusieurs genres d'insectes suceurs pouvant nuire aux plantes d'intérieur. La plupart sont des espèces tropicales non rustiques, mais elles s’adaptent fort bien dans nos maisons. Selon les espèces, les cochenilles matures ont l'apparence de petites écailles bombées, de disques aplatis, de coquillages miniatures, de boules de ouate ou de petits insectes blanchâtres couverts de filaments cireux. La plupart des cochenilles vivent immobiles, fixées sous les feuilles, sur les rameaux et les racines, pour aspirer la sève de leur hôte. Plusieurs espèces excrètent une substance sucrée et collante (miellat) sur laquelle croît un champignon noir et poudreux (fumagine). Quelques cochenilles font peu de dégâts, mais de grosses colonies peuvent causer le dépérissement et la mort des végétaux. Finalement, toutes les espèces ne sont pas nuisibles : certaines cochenilles sont utilisées pour la production de colorants, de cires et de laques.


Plantes hôtes :
Plusieurs plantes d’intérieur : asperge, avocat, bégonia, bougainvillier, broméliacées, cactées, cissus, citronnier, coléus, crassula, croton, dieffenbachia, dragonnier, eucalyptus, euphorbe, figuier, fougère, fuchsia, hibiscus, hoya, jasmin, laurier, lierre, oranger, palmier, philodendron, pin de Norfolk, poinsettia, rhododendron, saintpaulia, etc.

Signes et symptômes :

  • Au début, la présence des cochenilles peut passer inaperçue. De taille minuscule, elles vivent souvent immobiles, cachées sous une carapace cireuse ou enfouies dans leurs sécrétions. Elles ont parfois la même couleur que leur plante hôte et logent dans des sites abrités, fréquemment à l'intersection des tiges et des feuilles.
     
  • Selon les espèces, les cochenilles matures ont des aspects divers : petites écailles bombées, disques plats ou coquillages miniatures, de couleur gris, marron, brun foncé ou rougeâtre; minuscules taches blanches ou petites boules de ouate; petits insectes blanchâtres poudreux, semblables à des cloportes, couverts de longs filaments cireux.
     
  • Ces petits parasites s'installent d’abord sur les parties tendres pour se nourrir de sève. Ils vivent souvent en groupe, fixés sur les tiges, cachés sous les feuilles, le long des nervures, à la base des pétioles, mais aussi sur les fruits et les racines.
     
  • Plusieurs espèces s'attaquent spécifiquement à un organe ou un hôte particulier, mais beaucoup sont polyphages. Certaines espèces, très prolifiques, forment rapidement des colonies compactes et des encroûtements cireux sur les tiges. D'autres travaillent dans l'ombre et s'assemblent en colonies floconneuses, plus ou moins denses, sur les racines.
     
  • Plusieurs espèces excrètent une substance luisante et collante (miellat) qui peut recouvrir les feuilles et les tiges. Ce miellat favorise la croissance d'un champignon noir et poudreux appelé fumagine.
     
  • Quelques cochenilles font peu de dommages, mais la présence d'une grande colonie finit par causer un affaiblissement général de la plante.
     
  • Une infestation sévère peut entraîner le flétrissement, le dessèchement et la chute des feuilles ou des aiguilles; les rameaux piqués semblent difformes, portent des galles et se dessèchent; les fruits ravagés restent petits et tombent prématurément. Les plantes jeunes sont plus vulnérables que les plantes matures.
     
  • Ces insectes peuvent transmettre des maladies virales aux végétaux.

Description et cycle de développement :
Les cochenilles font partie de l’ordre des Hémiptčres, tout comme les pucerons. Ŕ l’intérieur, on retrouve majoritairement des espčces exotiques appartenant aux familles suivantes : les Diaspididés (cochenilles ŕ bouclier) munies d’un bouclier dur et indépendant, les Coccidés (cochenilles ŕ carapace) avec une peau coriace imprégnée de cire, mais sans bouclier et les Pseudococcidés (cochenilles farineuses) couvertes de filaments cireux blanchâtres.

Leur métamorphose est dite incomplète (insectes hémimétaboles) : les larves ressemblent à de petits adultes et subissent quelques mues avant d'atteindre leur taille finale. Les mâles et les femelles sont différents.

Śufs : Ils sont minuscules. Les femelles (ovipares) peuvent pondre de 400 ŕ 1000 śufs, selon les espčces.

Larves: Elles sont semblables aux adultes mais plus petites (0,2 mm) et translucides. Les jeunes larves nouvellement écloses (1er stade larvaire ou stade baladeur) sont munies de six pattes et de deux antennes.

Mâles : Ils ressemblent ŕ des minuscules moucherons (2 mm). Pourvus de pattes et généralement d’une seule paire d’ailes, ils n’ont pas de pičces buccales. Ils ne vivent qu’un jour ou deux et sont rarement aperçus. Ils apparaissent ŕ une période précise de l’année et représentent généralement un faible pourcentage (1-2%) de la population.

Femelles : De petite taille (1-12 mm), elles n’ont généralement ni yeux, ni antennes, sont aptčres (sans ailes) et souvent apodes (sans pattes). Leur tęte est munie d’un long tube (stylet) leur permettant d’aspirer la sčve. Leur corps est généralement dissimulé sous une carapace ou des sécrétions cireuses.

Beaucoup de cochenilles exotiques n'ont pas de période d'hibernation. Certaines espèces peuvent générer plusieurs générations successives par année, selon les conditions atmosphériques. On peut donc voir, en même temps, des insectes à tous les stades de développement (śufs, larves ou adultes).

La durée du cycle biologique est surtout influencée par la température, tandis que l'évolution des śufs est régie par le taux d'humidité. Plus le climat est chaud et humide, plus le cycle est court. La durée totale du cycle peut s'étaler sur plusieurs mois, selon les espèces. En conditions optimales, le cycle complet des cochenilles farineuses se déroule en une vingtaine de jours.

Après l'éclosion des śufs, les jeunes larves mobiles quittent le bouclier protecteur de leur mčre pour coloniser de nouveaux territoires. Ce stade, appelé ‘’baladeur’’ ou ''rampeur'' (crawler) se déroule assez rapidement (48 heures). Durant cette courte période, les jeunes insectes sont plus vulnérables car ils n'ont pas encore de carapace. La sécrétion d’un premier bouclier ou d’une couche cireuse protectrice prend une dizaine de jours.

Chez les espčces sédentaires, les jeunes larves femelles perdent leurs pattes au cours de la premičre mue. Puis, elles se fixent définitivement. Elles subiront quelques mues pour permettre au bouclier de s'agrandir au rythme de leur croissance jusqu’au stade adulte.

Après l'accouplement, les mâles meurent et les femelles pondent leurs śufs sous leur bouclier ou dans un sac de cire blanc (ovisac) situé au bout de leur abdomen. Chez certaines espèces, les femelles peuvent procréer sans fécondation (parthénogénèse) ou donner naissance ŕ de petites larves déjà écloses (viviparité).

Chez la plupart des espèces, les femelles meurent suite à la ponte, mais les śufs restent à l'abri jusqu’à leur éclosion.

Selon les espèces et l'environnement, il peut avoir de 1 à 10 générations par année.

Conditions favorables :
Une température chaude et un taux d'humidité élevé accélèrent le rythme du cycle biologique. Plus il fait chaud et humide, plus le cycle est rapide. Les manipulations et le contact direct avec d'autres plantes peuvent être une source de contamination importante. Les tailles sévčres et les excčs d’engrais azotés favorisent la croissance rapide de pousses tendres plus vulnérables.

Dépistage :
Une inspection visuelle régulière reste la meilleure méthode de détection, surtout sur les végétaux ayant déjà subi une infestation. La présence de miellat et de fumagine sont des bons indicateurs. Une grande quantité de miellat est le signe d’une infestation grave passée inaperçue.

Mesures préventives :

  • Éviter d’acheter une plante infestée : inspecter scrupuleusement les jeunes tiges et le dessous des feuilles pour ne pas ramener ces bestioles dans votre demeure.
     
  • Inspecter régulièrement vos plantes. Le repérage précoce permet d'intervenir localement et de prévenir les infestations plus difficiles à contrôler.
     
  • Prévenir les blessures et les excès d'engrais qui stimulent la croissance de pousses tendres et invitantes pour les insectes suceurs.
     
  • Désinfecter régulièrement les outils de taille avec de l’alcool isopropylique ŕ 70% (alcool ŕ friction).

Méthodes d'intervention :

Contrôle physique :

  • Isoler, si possible, les végétaux infestés. Les manipulations et les outils de taille favorisent la dissémination des cochenilles.
     
  • Tailler d'abord les tiges mortes et les feuilles trop fortement infestées pour diminuer la population d'insectes. Prendre soin de désinfecter régulièrement les sécateurs.
     
  • Éliminer toutes les cochenilles visibles. Mortes ou vivantes, elles peuvent abriter des centaines d’śufs sous leur carapace ou dans leur ovisac. Les cochenilles vivantes se détachent difficilement, mais les cochenilles mortes se désagrègent aisément.
     
  • Sur les feuilles et les tiges : frotter avec un linge doux ou une brosse à dent trempés dans de l'eau savonneuse. Badigeonner les insectes ponctuellement avec un coton tige trempé dans l’alcool à friction pour les faire dessécher. Inspecter réguličrement la plante et répéter le traitement au besoin.
     
  • Sur les racines : dépoter la plante et nettoyer les racines en taillant les amas de cochenilles. Rempoter dans du terreau stérilisé puis faire un lessivage ou un bassinage du sol avec un savon insecticide.
     
  • Dans le cas d’une infestation très sévère, prélever des boutures (à traiter) et détruire le plant mère. Jeter les tissus infestés; ne pas les composter.

Contrôle biologique :
Dans les serres, l'introduction de prédateurs et de parasites naturels (punaises, coccinelles, larves de syrphe, guêpes parasites) donne de bons résultats. Cette méthode de contrôle est plus difficile ŕ appliquer ŕ la maison.

Contrôle chimique :
En dernier recours, utiliser un pesticide ŕ faible impact dont l’ingrédient actif est le savon insecticide. Lire attentivement l’étiquette du produit et suivre les recommandations du fabricant.

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