Ville de Montréal

Vie religieuse
Le portrait le plus connu de Jacques Viger semble avoir été réalisé après son élévation au rang de commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire le Grand, en 1855. Cet honneur lui a été accordé par le pape Pie IX en remerciement pour les nombreux services rendus à l'Église canadienne-française et pour l'ensemble de ses écrits sur son histoire. Une gravure du pape Grégoire XVI, qui a institué cet ordre, se trouve dans Souvenirs canadiens (p. 188). D'autres portraits d'évêques, de religieux et religieuses d'ici et d'Europe, de missionnaires et de mécènes pour l'établissement de la foi en Nouvelle-France parsèment l'Album.

Images pieuses
Profondément imprégné du renouveau religieux qui marque la société canadienne-française d'après 1840, Viger exprime sa dévotion par son choix d'images pieuses : La Cène (p. 157), des stations du Chemin de la croix (p. 178) et une reproduction de La descente de la croix de Pierre-Paul Rubens (p. 135).

Textes religieux
Ses amis et correspondants lui offrent des textes religieux, comme ceux de Joseph Mermet sur L'Homme-Dieu (p. 134), d'Adolphe de Puibusque sur Le départ d'une âme chrétienne (p. 338-339) et d'Alexandre Vattemare. Ce dernier lui fait parvenir un sermon en langue tamoule sur l'Évangile de saint Jean par l'abbé Tesson, missionnaire en Inde (p. 320 à 335).

Patrimoine
L'Album contient également les représentations de deux églises présentant un intérêt historique majeur. La première se trouve à Québec (p. 141) :

« L'église Notre-Dame-des-Victoires s'élève sur le site de l'Abitation construite par Samuel de Champlain en 1608. Rebâtie en pierre en 1624 [cette date apparaît sur le dessin de l'Album Viger], l'Abitation sert ensuite de magasin du roy jusqu'à ce qu'un incendie la détruise en 1682. […] L'église change deux fois de nom. Placée sous la protection de l'Enfant Jésus, […] la chapelle de la basse-ville adopte le nom de Notre-Dame-de-la-Victoire après la déroute de l'amiral William Phipps en 1690. Vingt et un ans plus tard, le naufrage de la flotte anglaise commandée par l'amiral Hovenden Walker entraîne une autre modification : l'église reçoit alors son appellation définitive de Notre-Dame-des-Victoires » (Luc Noppen et Lucie K. Morisset, Art et architecture des églises à Québec, 1996, p. 93-94).


La deuxième image montre l'église Notre-Dame de Montréal (p. 88) avant sa démolition en 1828 et son remplacement par l'actuelle basilique. Le souvenir de l'église Notre-Dame pourra d'ailleurs être entretenu pendant plusieurs décennies car sa tour ne disparaîtra qu'en 1843 et sa façade sera remontée devant l'église des Récollets. L'historien André Laberge attribue à Jacques Viger ce premier exercice de conservation patrimoniale au pays (L'ancienne église Notre-Dame de Montréal, mémoire de maîtrise à l'Université Laval, 1982, p. 202-203).

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