Ville de Montréal

DUNCAN, James D.

Peintre, lithographe et professeur de dessin, né en 1806 à Coleraine (Irlande du Nord) ; en 1834, il épousa Caroline Benedict Power, de Sorel, Bas-Canada, et ils eurent trois fils et deux filles ; décédé à Montréal le 28 septembre 1881. [.]

Grâce à ses nombreuses huiles, gouaches et aquarelles, représentant des scènes de la vie montréalaise sous la forme de paysages égayés par des éléments anecdotiques propres à la peinture de genre, Duncan se fit connaître pendant plusieurs décennies comme le peintre par excellence de Montréal. Il peignit également quelques paysages de Québec et, en 1848, se rendit à Niagara et à London, Haut-Canada, pour y chercher de nouveaux sujets. L'influence de la tradition britannique sur les premières aquarelles de Duncan se reflète dans une série de vues de Montréal, commandées par Jacques Viger* en 1831, qui vont du traitement purement topographique, comme dans Ruins of Fort Senneville, à l'interprétation plus pittoresque de St.   Genevieve.

Si Duncan fut un paysagiste-aquarelliste fécond, on ne lui connaît par contre que quatre importants paysages à l'huile. Le plus ancien, View of Montreal (vers 1826), montre l'influence de l'idéalisme classique, laquelle se traduit par l'éclairage dramatique et la présentation très ordonnée du paysage montréalais. Ce style fait place à une manière topographique et pittoresque dans Montreal from the mountain et Montreal from St.   Helen's Island (1838), où Duncan a peint les aspects les plus riches de la ville avec un grand souci du détail architectural. Le quatrième paysage est une grande toile, View of Montreal from the mountain (vers 1843), qui constituait peut-être une esquisse en vue d'une future série de tableaux panoramiques.

Comme portraitiste Duncan travailla surtout avant la fin des années 1850. Ses portraits comprennent des huiles, des miniatures à l'aquarelle et au pastel et des silhouettes ; il fit aussi de la photographie. Son style en tant que portraitiste est inégal et inconstant et cette manière irrégulière de peindre explique peut-être le fait qu'on n'ait pu lui attribuer qu'un petit nombre de portraits. La série de portraits de personnages de l'histoire du Canada, commandés par Jacques Viger entre 1839 et 1845, constitue le meilleur exemple de son travail de portraitiste.

Duncan peignit également un certain nombre d'ouvres basées sur des thèmes historiques. Lorsque Viger, en 1845, le chargea d'illustrer certaines sections de son ouvrage « Ma Saberdache », l'artiste peignit First encounter with the Illinois, Montreal in 1693 et d'autres sujets semblables. Il fit aussi des illustrations à l'aquarelle pour un album de Viger, « Costumes des communautés religieuses de femmes en Canada [...] », que l'auteur offrit à Mgr Cajetan Bedini en souvenir de la visite que celui-ci fit à Montréal en 1853. Ses autres ouvres à caractère historique, telles que Burning of Hayes House, Montreal (1852) et Gavazzi riot (1853), représentent des événements contemporains. [.]

Artiste au talent reconnu, Duncan avait été l'un des membres fondateurs, avec Krieghoff, de la Société des artistes de Montréal en 1847, dont il fut aussi trésorier ; il fut élu au sein de la Société des artistes canadiens à Montréal en 1867 et membre correspondant de l'Académie royale canadienne en 1880. Lorsqu'il exécutait des ouvres à des fins commerciales, il se conformait aux goûts d'une classe moyenne qui grandissait rapidement. Par sa carrière et par ses ouvres, il est le parfait exemple de l'artiste canadien qui, au milieu du xix e siècle, connut la réussite.

(Patricia A. Todd. Dictionnaire biographique du Canada en ligne . Page consultée le 3 décembre 2004. Adresse URL : http://www.biographi.ca/FR/ShowBio.asp?BioId=39615&query=duncan AND james)

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