La démocratie à Montréal de 1830 à nos jours / ExpositionLa démocratie à Montréal de 1830 à nos jours / Exposition

Vous êtes ici : Accueil > Introduction > Maires de Montréal > John Easton Mills

John Easton Mills (1846-1847)

John Easton Mills est né le 14 octobre 1796 à Tolland au Massachusetts (États-Unis). Homme d’affaires, il a été maire de Montréal de 1846 à 1847. Il décède du typhus le 12 novembre 1847 à Montréal.

Avant sa carrière politique, John Easton Mills est d’abord marchand de fourrures, puis banquier. En effet, peu après son arrivée au pays, il fonde avec son frère Cephas la firme C. & J.E. Mills spécialisée dans le commerce des pelleteries. Dans les années 1840, il délaisse ce négoce – devenu de moins en moins lucratif – et se lance dans le domaine des finances. En 1844, il est banquier sur la rue Saint-François-Xavier. Peu après, il fonde sa propre institution bancaire, la Mills Bank, qui finance plusieurs projets importants de l’époque dont la construction de la basilique Saint-Patrick (érigée entre 1843 et 1847). En 1846, il devient le directeur-gérant de la Banque d’Épargne de la Cité et du District de Montréal, institution mise sur pied afin d’encourager l’épargne dans les classes les plus pauvres.

En 1846, John Easton Mills fait son entrée en politique municipale. Candidat à la mairie au scrutin de mars, son élection ne se fait pas sans heurts. À l’époque, ce sont les conseillers municipaux qui élisent le maire à la majorité simple. À la tête du parti réformiste, Mills est ainsi élu à dix voix contre neuf. Le maire sortant, le tory James Ferrier, décide alors de voter pour lui-même afin de défaire cette majorité. Malgré que son intervention ne soit pas reconnue – le maire sortant ne pouvant voter qu’en cas d’égalité entre les deux partis – Ferrier refuse obstinément de quitter son siège. Il faut attendre le jugement de la Cour supérieure pour que soit tenu un second vote, le 14 décembre 1846, et que Mills soit finalement élu par onze voix contre cinq.

Durant sa courte carrière à la mairie, Mills s’illustre principalement par sa gestion de l’épidémie de typhus. La maladie fait rage à Montréal à l’été 1847, suite à l’arrivée massive d’immigrants fuyant la famine de leur Irlande natale et apportant avec eux la « fièvre des navires ». Parvenus à Montréal, plusieurs Irlandais tombés malades et sans ressources s’entassent dans le port. Alerté par un médecin du haut risque de contagion, Mills fait construire des baraques dans Pointe-Saint-Charles pour loger les indigents et réunit les ressources nécessaires pour leur venir en aide. Mills tente également de calmer la colère de la population montréalaise chez qui le typhus s’est répandu. Au mois de novembre, après des semaines de travail acharné – où Mills s’improvise lui-même infirmier – l’épidémie montre enfin des signes de résorption. Malheureusement, Mills contracte la maladie. Elle l’emportera en quelques jours. Son dévouement exemplaire est aussitôt reconnu et on le surnomme le « maire-martyr ».


Coordonnées | Archives de Montréal | Réalisation

   
 
® Tous droits réservés, Ville de Montréal