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Médéric Martin (1914-1924, 1926-1928)

Médéric Martin est né le 22 janvier 1869 à Montréal. Industriel, il a été maire de Montréal de 1914 à 1924, puis de 1926 à 1928. Il meurt à Pont-Viau (Laval) le 12 juin 1946.

D’origine modeste, il a fait lui-même sa fortune. Il étudie d’abord à Montréal, ensuite au collège de Saint-Eustache. Plus tard, il devient propriétaire d’une manufacture de cigares.

Il représente le quartier Papineau en tant qu’échevin de 1906 à 1910 et de 1912 à 1914. C’est à cette date qu’il devient maire de Montréal. Ses douze années de pouvoir, à l’époque, constituent un record. Parallèlement, il est aussi élu en 1906 député libéral à la Chambre des communes dans la circonscription de Sainte-Marie. Il est réélu en 1908 et en 1911. Il termine sa carrière de député fédéral en 1919 lorsqu’il est nommé membre du conseil législatif de la province du Québec pour la division d’Alma.

En 1914, Médéric Martin, populiste, gagne ses élections contre George Washington Stephens. Il gagne même si l’enquête du juge Cannon de 1909 sur l’administration de la ville l’avait accusé d’avoir commis des malversations de fonds. Il se retire de la politique municipale en 1910, mais revient tout de même en 1912 comme échevin. En 1914, en remportant ses élections comme maire, il met fin à la tradition de l’alternance entre maires francophones et maires anglophones.

Dès son entrée à la mairie, il réclame l’abolition du Bureau de contrôle des commissaires, mais l’opinion publique et les médias sont contre. Martin va quand même s’organiser pour faire obstacle à leurs rapports et demande des enquêtes pour tout. Il prend aussi position contre la conscription en 1916 et stipule que la Ville ne peut pas dédommager les familles des volontaires qui s’enrôleraient puisqu’elle n’a plus de fonds.

En 1918, les problèmes financiers de Montréal sont tellement criants que la municipalité est mise sous tutelle. En effet, en 1916 et en 1917, la ville a contracté des déficits de 2 et de 1,7 millions de dollars. Lomer Gouin, premier ministre du Québec du temps, contraint ainsi Montréal à annexer Maisonneuve -qui a alors une dette de 19 millions de dollars- et impose une commission administrative. Le nombre d’échevins est réduit et l’autorité du maire est seulement honorifique. La taxe sur l’eau et la taxe foncière sont augmentées, une taxe de vente est créée, les services municipaux sont réorganisés, une réforme du système politique municipal est mise de l’avant et l’administration est beaucoup plus serrée. Il y a aussi un gel des salaires des employés municipaux. Malheureusement, cette dernière décision coïncide avec une période d’inflation et entraîne à l’automne 1918 une série de grèves de ces employés. Ce mouvement se propage à plusieurs groupes, entre autres les policiers, les pompiers et les mécaniciens de l’aqueduc. Le conflit doit se terminer en arbitrage. La tutelle de la Ville est finalement levée par le premier ministre Alexandre Taschereau, successeur de Lomer Gouin en 1921. Les élus peuvent désormais prendre part directement aux décisions municipales.

Un événement important à mentionner est le fait que dans la nuit du 3 au 4 mars 1922, l’Hôtel de Ville brûle en entier : il ne reste que les murs de pierre. Martin évalue les dommages à 10 millions de dollars. La Ville devra emprunter pour reconstruire.

Tout au long de ses mandats, l’administration Martin est secouée maintes fois par des scandales de favoritisme et de corruption. En 1924, Martin est défait par Charles Duquette. Par contre, ce dernier est discrédité à la suite de l’enquête Coderre et Martin est réélu en 1926. Finalement, en 1928, Martin est définitivement défait par un autre candidat à l’avenir prometteur, Camillien Houde.


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