L’organisation civile, l’administration de la justice et les institutions religieuses relèvent maintenant davantage des autorités établies à Québec. Malgré cela, Montréal conserve et développe les traits qui la distinguent de Québec.
L’Église tient une place de premier plan dans la société montréalaise. Le Séminaire de Saint-Sulpice est à la fois seigneur de l’île et responsable du ministère paroissial. Des communautés religieuses, surtout féminines, dirigent l’Hôtel-Dieu, assurent l’enseignement primaire et s’occupent des démunis hébergés à l’Hôpital Général. Deux grands ordres religieux, les jésuites et les récollets, s’installent à Montréal. Les institutions religieuses exercent aussi un rôle économique substantiel avec la construction de leurs nombreux édifices, l’exploitation de leurs fermes à la campagne et l’investissement de leurs revenus. Leur emprise sur l’espace urbain est marquante.
Il existe à Montréal une hiérarchie sociale fondée sur la naissance, le métier et les ressources matérielles. La noblesse militaire, active dans les troupes de la Marine, et les quelques officiers de l’administration et de la justice forment une élite. Le commerce des fourrures offre des possibilités d’enrichissement, voire d’ascension sociale : les marchands aussi sont propriétaires dans la ville, ont des domestiques et possèdent des esclaves.
Les artisans et les cabaretiers mènent une existence assez modeste, même s’ils engagent des apprentis ou des domestiques. Les nombreux journaliers s’emploient à des travaux de construction ou de transport. Quant aux soldats, ils passent beaucoup de temps dans les cabarets et constituent la principale source de désordre.
Conclusion
Les expéditions commerciales et militaires créent une mobilité géographique qui contribue à façonner une mentalité typique d’une ville de la frontière. Petite ville française, Montréal devient de plus en plus une ville nord-américaine. |